En bref
- Hungry est numéro un sur Prime Video
- Le film dépasse des titres beaucoup plus installés
- Son pitch absurde semble avoir fait mouche
Un petit film peut encore casser la hiérarchie du streaming. C’est exactement ce qui arrive à Hungry, un film d’horreur à petit budget qui grimpe tout en haut de Prime Video, alors qu’il n’avait ni grosse promo, ni casting de prestige, ni vraie sortie cinéma capable de l’installer.
Un numéro un qui sort de nulle part
D’après FlixPatrol, Hungry, écrit et réalisé par James Nunn, est actuellement le film numéro un sur Prime Video. Il passe devant Love of Your Life et Masterplan. Et si on élargit à tout le catalogue de la plateforme, films et séries confondus, il occupe la troisième place.
Devant lui, on ne trouve que la saison 2 de The Terminal List, la série d’action portée par Chris Pratt, et Carrie, adaptation de l’univers de Stephen King. Pour un film de cette taille, le contraste est assez net. On attendait un passage discret. On se retrouve avec un vrai hit streaming.
Le pitch fait presque tout le travail
Le film suit un groupe de vacanciers perdus dans les marécages de Louisiane, obligés de se battre pour survivre face à un hippopotame en liberté devenu machine à tuer. À la tête du casting, on trouve Madison Davenport, vue dans It’s What’s Inside.
Bon, le plus intéressant est peut-être ailleurs. Hungry avait eu une sortie en salles ultra brève plus tôt dans l’année, avant d’arriver en VOD. Pas de campagne marketing massive, pas d’acteurs A-list, rien qui ressemble au lancement d’un gros studio. Mais le concept est limpide. Et sur une plateforme, cette lisibilité compte énormément.
Il y a aussi un petit écho culturel derrière tout ça. En 2012, Film School Rejects avait imaginé une fausse bande-annonce de Hungry Hungry Hippos: The Movie, une idée qui avait circulé en ligne. Signature Entertainment, derrière Hungry, n’a pas utilisé le jeu de société, mais l’allusion est assez évidente.
L’horreur animale, un genre increvable
Côté accueil, on est loin du triomphe critique. Le film affiche 52% d’avis positifs chez les critiques sur Rotten Tomatoes, avec un score public encore plus bas, à 34%. Résultat ? Pas vraiment le chouchou de l’année.
Mais ce type de cinéma tient depuis longtemps sur autre chose que les notes. L’horreur animale reste un sous-genre très populaire, dans la lignée de Lake Placid ou Cujo : on prend un animal réel, on le rend plus menaçant, plus gros, plus violent, et on laisse le dispositif faire le reste. Ce n’est pas souvent du grand art, quand même, mais c’est une mécanique redoutable quand elle vise juste.
Le genre a déjà produit des classiques comme Jaws de Steven Spielberg ou The Birds d’Alfred Hitchcock. Plus souvent, il accouche d’objets beaucoup plus bancals, de Grizzy II: Revenge à Anaconda, parfois sauvés par leur côté kitsch. Reste à voir où finira Hungry, simple curiosité de catalogue ou futur petit film culte. Et pour ceux qui veulent pousser le délire plus loin, le film existe aussi en DVD sur Amazon.