Austin Powers 4 avance, avec un Dr. Evil bien plus central

Mike Myers relance Austin Powers 4 avec un angle inattendu : le film devrait suivre davantage Dr. Evil que son espion pop.

Dr. Evil serre Austin Powers dans sa main
Image d'illustration. Le retour vise Dr. Evil au premier plan. — ADN

En bref

  • Mike Myers travaille sur Austin Powers 4
  • Dr. Evil aurait un rôle beaucoup plus central
  • Le défi, c’est de refaire marcher la blague en 2027

Le point vraiment intéressant, ici, ce n’est pas juste le retour de Austin Powers 4. C’est que Mike Myers écrit pour l’instant un film vu davantage à travers Dr. Evil. Et ça change pas mal de choses pour une saga qui reposait, jusque-là, sur l’opposition entre l’espion psychédélique et son méchant caricatural.

Le retour se précise, mais pas comme prévu

Invité du podcast Hollywood Insiders With Hawk Koch, Mike Myers a reparlé du quatrième film, déjà confirmé auparavant, en expliquant qu’il avançait avec un angle différent. Selon lui, le script prend surtout le point de vue de Dr. Evil, un personnage qu’il dit toujours prendre beaucoup de plaisir à jouer.

Ce n’est pas anodin. Dans l’imaginaire collectif, Austin Powers reste le visage de la franchise, l’International Man of Mystery. Mais déplacer le centre de gravité vers son adversaire peut éviter l’effet simple redite. Refaire le même numéro, trente ans plus tard, aurait eu un parfum de musée.

Pourquoi Dr. Evil a pris autant de place

Myers explique qu’en discutant avec le public, il constate une sorte d’équilibre entre ceux qui préfèrent Austin Powers et ceux qui penchent pour Dr. Evil. En gros, la franchise a toujours eu deux icônes, pas une seule.

Il raconte aussi qu’après une projection du premier film, le studio avait demandé moins de Dr. Evil, au motif que le personnage était trop méchant avec Austin. Lui n’était pas de cet avis, estimant que le personnage faisait rire et que ces films ne reposaient pas sur une frontière très propre entre gentils et méchants. Avec le recul, cette prudence du studio paraît assez mal lue : Dr. Evil est devenu presque aussi citable qu’Austin.

La saga elle-même allait déjà dans ce sens. Dans The Spy Who Shagged Me, Dr. Evil occupait un espace comparable, avec ses histoires de paternité autour de Scott, joué par Seth Green, et de Mini-Me, incarné par Verne Troyer. Puis Goldmember l’avait un peu relégué derrière le nouveau méchant titre.

Le vrai défi, c’est le temps qui a passé

Le problème n’est pas seulement narratif. Il est comique. Le premier film reposait sur une idée très simple : Austin Powers et Dr. Evil, congelés en 1967, se réveillaient en 1997. Le décalage entre les années 60 et les années 90 faisait tout le moteur.

Mais si ce quatrième volet sort bien l’an prochain, en 2027, on sera à trente ans du premier film. Exactement le même écart. Bon, les années 90 sont-elles devenues, à leur tour, assez lointaines pour produire ce même choc ? Et surtout, ces personnages n’ont-ils pas déjà eu largement le temps de s’adapter ?

C’est là que le projet devient intéressant. Austin Powers 4 peut encore fonctionner, mais sans doute moins comme une simple machine à nostalgie que comme un film sur la nostalgie elle-même, et sur ce moment un peu étrange où une blague sur le passé finit par vous rappeler votre propre âge.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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