En bref
- Premier trailer pour Blood and Honey 3
- Rabbit rejoint enfin la saga
- Le Poohniverse prépare déjà son crossover
Le plus intéressant avec Winnie-the-Pooh: Blood and Honey 3, ce n’est même plus seulement le film. C’est ce qu’il raconte d’un mini-univers horrifique qui s’obstine à grandir, malgré des moyens serrés et une réputation de série B assumée. Le trailer vient de tomber, et il confirme une chose, le Poohniverse continue d’avancer.
Un univers partagé qui prend enfin forme
Cet épisode porte désormais le sous-titre The Lost Years. Ce n’est pas anodin. Le film ressemble moins à une suite classique qu’à un interquel, un chapitre glissé entre d’autres événements pour recoller la chronologie.
Et il y a une raison à ça. Le deuxième film avait déjà réécrit le premier en expliquant que ses scènes les plus fauchées, avec masque en caoutchouc et effets très rudimentaires, relevaient en fait d’un film tourné à l’intérieur du récit. Autrement dit, ce qu’on avait vu n’était plus la « vraie » version des faits. Ce troisième volet peut donc revisiter certains moments du début sans casser la continuité récente.
En toile de fond, ITN Distribution pousse toujours vers Poohniverse: Monsters Assemble, un crossover façon film d’équipe, où doivent aussi apparaître Mary Poppins et Tintin. Oui, l’idée est aussi étrange qu’elle en a l’air.
Rabbit arrive, mais tout le monde ne suit pas
Côté casting, Scott Chambers reste Christopher Robin et passe aussi à la réalisation. Rabbit, qui fait ici son entrée dans la franchise, est incarné physiquement par Jacob Marshfield, avec la voix de Roger L. Jackson, connu notamment pour celle de Ghostface dans Scream.
Pour le reste, il y a du mouvement. George Montage remplace Ryan Oliva dans le rôle de Pooh, pendant que Lewis Santer reprend Tigger. En revanche, Piglet et Owl sont absents, un choix motivé par des économies sur les costumes et le maquillage. Résultat, la série continue de grandir, mais en choisissant soigneusement où elle dépense son argent.
Un détail en dit long, Tigger a déjà son spin-off en préparation, provisoirement intitulé Tigger’s Return.
Richard Stanley, drôle de retour par la porte latérale
Le nom le plus inattendu au générique, c’est Richard Stanley. Il a écrit le film et joue Balthazar, un monsieur Loyal antagoniste qui semble tenir Pooh, Tigger et Rabbit comme des créatures captives dans son spectacle. Une figure qui rappelle très directement Dr. Moreau.
Le clin d’œil est chargé d’histoire. Stanley était le réalisateur initial de The Island of Dr. Moreau en 1996, avec Marlon Brando et Val Kilmer, avant d’être évincé tôt dans la production. Il serait ensuite revenu discrètement sur le plateau, grimé en animal, et le naufrage du tournage a fini par nourrir un documentaire devenu culte.
Mais son retour a aussi un arrière-plan plus lourd. Des accusations de violences formulées par son ex-partenaire avaient entraîné l’annulation de certains projets. Une juridiction française a ensuite statué en sa faveur, sans pour autant effacer sa mise à l’écart dans pas mal de cercles.
Pourquoi ce troisième film compte plus qu’il n’en a l’air
Bon, personne ne va vendre ça comme du prestige horror. Mais la saga affine sa méthode. Les effets de maquillage seraient meilleurs à chaque nouvel épisode, et ce troisième film sert clairement de pont vers la suite.
Il y a même un écho curieux avec Blood and Honey 2, sorti à peu près au même moment que Five Nights at Freddy’s, avec un motif comparable d’enfants kidnappés transformés en animaux monstrueux, même si Rhys Frake-Waterfield assurait qu’il s’agissait d’une coïncidence.
La prochaine étape est calée à janvier prochain, avant Monsters Assemble, toujours prévu comme le prochain gros rendez-vous. En gros, ce trailer ne vend pas juste un slasher de plus. Il teste la solidité d’un univers qui veut arrêter d’être une blague ponctuelle pour devenir une franchise suivie.