En bref
- Disney étire plusieurs franchises jusqu’à l’usure
- Percy Jackson et X-Men ’97 méritent mieux
- La nostalgie ne remplace pas une vraie vision
Chez Disney, le contraste devient difficile à rater. Le studio continue de pousser des licences qui ont déjà largement livré leur cœur narratif, tout en laissant de côté d’autres univers qui pourraient vraiment prendre de l’ampleur. Et pour un groupe qui vit autant de ses franchises, ce n’est pas un détail.
Le vrai problème, ce n’est pas la franchise mais l’usure
Une franchise n’est pas un souci en soi. Le souci, c’est le moment où elle cesse d’ouvrir des pistes et commence surtout à recycler sa propre mémoire. Disney reste dans une zone de confort compréhensible, ses marques rapportent des milliards, mais cette logique finit par sentir la gestion plus que l’élan créatif. Résultat, la nostalgie prend parfois la place du récit.
Toy Story, Pirates et Frozen donnent l’impression de tourner en rond
Prenez Toy Story. La saga lancée en 1995 a déjà trouvé une conclusion presque parfaite avec le troisième film, puis une autre, plus discutable, avec le départ de Woody dans le quatrième. Le cinquième, sorti cette année, déplace l’attention vers la technologie, une idée intéressante sur le papier, mais qui souligne surtout un problème, le conflit principal a déjà été résolu plusieurs fois.
Même gêne avec Pirates des Caraïbes. Les trois premiers films avaient une vraie dynamique. Les suivants ont beaucoup moins convaincu, et presque dix ans après Dead Men Tell No Tales, le projet de retour reste flou, suspendu en grande partie aux discussions autour de Johnny Depp. Sans lui, l’audience paraît fragile. Avec lui, il faudrait encore trouver une histoire qui ne ressemble pas à une copie.
Et puis il y a La Reine des neiges. Le premier film suffisait presque à lui-même, le second avait déjà étendu l’univers, et un troisième arrive l’an prochain. Courts-métrages, spectacles, produits dérivés, spéciaux, jouets, tout y est déjà passé. Les personnages d’Elsa et Anna resteront populaires sans nouvelle aventure à tout prix. Clairement, continuer seulement parce que ça vend complique la naissance du « prochain Frozen ».
Percy Jackson a déjà ce que d’autres univers ont mis des années à bâtir
À l’inverse, Percy Jackson et les Olympiens ressemble à une évidence sous-exploitée. L’adaptation des romans de Rick Riordan, très impliqué dans le projet, bénéficie d’une vraie fidélité et d’un bon accueil. La saison 3 doit envoyer Percy, Annabeth et Grover dans une nouvelle mission, tout en préparant la montée vers la guerre contre Kronos.
Le plus intéressant, c’est la structure déjà en place. Une mythologie claire, des personnages aimés, un récit pensé sur la durée. Là où Star Wars ou le Marvel Cinematic Universe ont dû construire leur architecture au fil des années, Disney l’a déjà entre les mains. Mais la série peine encore à sortir de sa bulle.
X-Men ’97 prouve qu’on peut utiliser la nostalgie intelligemment
Bon, X-Men ’97 montre l’autre voie. La série reprend le dessin animé des années 90, mais sans se contenter de rejouer les vieux morceaux. Cyclope, Jean Grey, Tornade, Wolverine, Gambit ou Rogue avancent dans de nouveaux conflits, avec des relations qui évoluent et des choix qui comptent vraiment.
C’est sans doute ce que Marvel a de plus utile autour des X-Men aujourd’hui. Pendant que le MCU prépare encore leur arrivée, la série animée a déjà trouvé le bon ton. Et ça dit quelque chose de plus large sur Disney, la prochaine bataille ne sera pas seulement de produire plus, mais de savoir quelles franchises méritent encore d’avancer.