En bref
- Tesla vise une commercialisation du Cybercab avant fin 2026, malgré son absence de volant et de pédales.
- Le véhicule dépend encore de la conduite autonome sans supervision, dont le déploiement chez certains clients est envisagé pour 2027.
- Le lancement reste incertain, entre un déploiement progressif et une enquête de l’agence américaine de sécurité routière.
Vendre une voiture sans volant ni pédales avant d’ouvrir largement sa vraie conduite autonome, il fallait oser. C’est pourtant le calendrier affiché par Tesla pour le Cybercab, avec un début de commercialisation visé avant la fin 2026.
Un lancement client, mais sous contrôle serré
Pendant la présentation des résultats trimestriels, Lars Moravy, vice-président de l’ingénierie chez Tesla, a expliqué que le constructeur essayait de mettre des Cybercab entre les mains de clients d’ici fin 2026. La production a déjà démarré à la Gigafactory du Texas, mais les exemplaires assemblés servent pour l’instant à la flotte interne de robotaxis.
Et il ne faut pas imaginer un grand déploiement dès le jour 1. Lars Moravy a précisé que Tesla commencerait petit, le temps d’apprendre comment se gèrent la propriété et l’exploitation d’un véhicule autonome chez des clients. Elon Musk a même reconnu que l’écrasante majorité des Cybercab resterait, en pratique, propriété de Tesla et intégrée à son service de transport. Bref, on parle d’un lancement, pas d’une invasion.
Le vrai verrou, c’est le logiciel
Le problème est simple. Le Cybercab ne peut pas être conduit par un humain, puisqu’il n’a ni volant ni pédale de frein. Il repose entièrement sur le logiciel Full Self-Driving de Tesla.
Sauf qu’aujourd’hui, les clients n’ont accès qu’à la version supervisée du système, celle qui exige toujours une personne derrière le volant. La version non supervisée n’est pas encore disponible pour le public. Ashok Elluswamy, directeur de l’IA chez Tesla, estime que l’activation de l’Unsupervised Full Self-Driving sur certains premiers véhicules clients destinés à la flotte Robotaxi pourrait commencer vers le deuxième trimestre 2027. Résultat, les premiers Cybercab vendus ne pourront pas rejoindre immédiatement le service de VTC autonome de la marque.
Austin sert de labo, pendant que le régulateur regarde
Le véhicule avait été dévoilé en 2024, mais c’est seulement depuis septembre que Tesla propose des trajets en Cybercab via son app Robotaxi à Austin, au Texas. En parallèle, l’entreprise a ouvert les prises de contact pour les acheteurs intéressés. Cible évidente, des acteurs capables d’aider à bâtir son réseau robotaxi, donc plutôt des structures prêtes à acheter des flottes entières.
Mais il y a un caillou dans la chaussure. Peu après le début des courses à Austin, la NHTSA a lancé une enquête sur ces véhicules. L’agence veut examiner la manière dont Tesla s’est auto-certifiée conforme aux normes fédérales de sécurité, ainsi que les données utilisées pour le faire. Et là, clairement, tout le calendrier commercial dépend aussi de ce regard-là.