En bref
- Un lancement correct pour Ketchup Entertainment
- Pas assez pour rassurer Warner Bros.
- Looney Tunes reste sans cap clair
Le plus intéressant avec Coyote vs. Acme, ce n’est pas son score brut. C’est ce qu’il raconte de l’état de Looney Tunes en 2025. Le film démarre assez bien pour ressembler à un sauvetage réussi, mais pas assez fort pour régler le problème de fond, personne ne semble vraiment savoir quoi faire de cette licence chez Warner Bros.
Un démarrage honorable, pas un raz-de-marée
Mis en scène par Dave Green, déjà passé par Teenage Mutant Ninja Turtles: Out of the Shadows, ce mélange de prises de vues réelles et d’animation a engrangé environ 15 millions d’euros (15,9 millions de dollars) en Amérique du Nord. De quoi prendre la deuxième place du box-office, derrière Spider-Man: Brand New Day et ses environ 20 millions d’euros (22,2 millions de dollars), numéro un pour un cinquième week-end d’affilée.
Le film fait aussi mieux que l’autre nouveauté importante du week-end, The Dog Stars de Ridley Scott, avec environ 7 millions d’euros (8 millions de dollars). Pas mal, quand même. Dans l’histoire, Wile E. Coyote, usé par les produits ACME, attaque enfin le groupe en justice avec l’avocat Kevin Avery, joué par Will Forte, face au juriste maison Buddy Crane, incarné par John Cena.
Pourquoi le calcul n’est pas le même pour Ketchup
Là, le contexte change tout. Produire le film aurait coûté à Warner Bros. environ 64 millions d’euros (70 millions de dollars), avant que le studio ne préfère l’effacer de ses comptes via une déduction fiscale, dans une logique qui rappelait le cas Batgirl en 2022. Puis Ketchup Entertainment a récupéré les droits pour environ 46 millions d’euros (50 millions de dollars).
Pour un grand studio, ouvrir sous les 20 millions avec un film de cette taille aurait ressemblé à un échec net. Pour Ketchup Entertainment, beaucoup plus petit et nettement moins armé en distribution, c’est autre chose. Son budget marketing tournait autour de environ 9 millions d’euros (10 millions de dollars), là où un lancement comparable aurait plutôt demandé entre 28 et 37 millions d’euros (30 à 40 millions de dollars).
Et la société n’arrivait pas avec un historique très rassurant, notamment après Hypnotic avec Ben Affleck, l’un des gros accidents du box-office en 2023. Du coup, ce lancement a quelque chose de solide. Surtout que le film décroche un A au CinemaScore et de bonnes critiques, ce qui compte pour la tenue sur plusieurs semaines, puis pour la VOD et le streaming.
Dans un scénario favorable, il pourrait suivre une trajectoire proche de The Spongebob Movie: The Search for SquarePants, parti de environ 14 millions d’euros (15,6 millions de dollars) pour finir à environ 156 millions d’euros (169,2 millions de dollars) dans le monde. Dans une version plus moyenne, on serait davantage sur Gabby’s Dollhouse: The Movie, de environ 13 millions d’euros (13,6 millions de dollars) au démarrage à environ 74 millions d’euros (80,8 millions de dollars) au total.
Le vrai sujet, c’est Warner et Looney Tunes
Mais la lecture la plus importante dépasse ce seul film. Même avec ce départ meilleur que prévu, Warner Bros. ne tient toujours pas un signal assez fort pour relancer sereinement Looney Tunes au cinéma.
Le studio avait déjà cédé à Ketchup Entertainment les droits de The Day the Earth Blew Up, autre tentative atypique et bien reçue. Résultat, seulement environ 14 millions d’euros (15,4 millions de dollars) au box-office mondial, dans l’un des pires week-ends pour les salles depuis des décennies. Coyote vs. Acme a déjà atteint ce niveau en un seul week-end nord-américain, ce qui dit à la fois son avantage… et la faiblesse de la barre à franchir.
Ajoutez à ça l’éventuelle reprise de Warner Bros. par Paramount, les bonnes intentions de Looney Tunes Cartoons sur HBO Max sans vrai élan grand public, et Space Jam: A New Legacy limité à environ 151 millions d’euros (163,6 millions de dollars) dans le monde. Résultat, une victoire morale, oui. Un futur clarifié, non. Et c’est sans doute le point le plus révélateur pour la suite de la franchise.