En bref
- Annabelle était rentable, mais mal aimée
- Creation a réparé la branche en 2017
- La franchise prépare déjà sa phase 2
Un spin-off peut rapporter gros et quand même fragiliser une franchise. C’est exactement ce qui est arrivé à Annabelle. Sorti en 2014, le film a engrangé environ 221 millions d’euros (257,6 M$) pour un budget d’environ 6 millions d’euros (6,5 M$), mais il a surtout laissé derrière lui une impression de produit vite dérivé, moins patient, plus bruyant, bien moins fin que The Conjuring.
Un faux départ qui sentait déjà l’impasse
À l’époque, Warner Bros. et New Line Cinema cherchaient à étendre un univers lancé très fort par James Wan. Le premier The Conjuring, mené par Patrick Wilson et Vera Farmiga dans les rôles d’Ed Warren et Lorraine Warren, avait transformé un budget d’environ 18 millions d’euros (20 M$) en environ 274 millions d’euros (319 M$) au box-office mondial. Trois ans plus tard, The Conjuring 2 a quasiment refait le coup avec environ 276 millions d’euros (321 M$).
Mais entre les deux, la poupée n’a pas convaincu. Les critiques ont pointé des personnages trop minces et une mécanique fondée sur les coupes brusques et les sursauts sonores. Et côté fans, le reproche tenait en peu de mots, le film troquait la montée de tension pour des effets moins inspirés.
Pourquoi Creation a changé la perception de la poupée
Le retournement arrive en 2017 avec Annabelle: Creation, confié à David F. Sandberg, repéré après Lights Out et ses courts d’horreur sur YouTube. Avec le scénariste Gary Dauberman, il remonte le temps jusqu’en 1955 et repart presque de zéro.
On suit Sam Mullins (Anthony LaPaglia) et Esther Mullins (Miranda Otto), un couple endeuillé qui accueille une religieuse et six orphelines après la mort de leur fille, elle aussi prénommée Annabelle. Au centre, il y a Janice, jouée par Talitha Bateman, survivante de la polio, intriguée par une pièce fermée dans la ferme familiale. Sur le papier, faire un prequel d’une origin story avait quelque chose d’un peu absurde. Dans le film, ça marche, parce que le mal prend enfin racine dans un vrai drame humain.
Un simple prequel, ou le point de bascule du Conjuring Universe
C’est là que Creation fait plus que corriger un mauvais épisode. Le film est salué pour sa mise en scène plus patiente, son usage des couloirs vides et des pièces à moitié éclairées, et pour ses jeunes interprètes, qui donnent des réactions crédibles à l’horreur. Le cas de Janice, en particulier, ancre le récit.
Et les dernières minutes raccordent directement l’histoire à l’ouverture du premier Annabelle. Résultat, le spin-off gagne une raison d’exister, et le film de 2014 paraît soudain moins isolé. Le public suit aussi, avec environ 263 millions d’euros (306 M$) au box-office.
La machine continue, même après les Warren
Depuis, l’univers a continué de s’étendre avec The Nun en 2018, puis Annabelle Comes Home, The Conjuring: The Devil Made Me Do It et The Nun II. Vera Farmiga et Patrick Wilson sont revenus une dernière fois dans The Conjuring: Last Rites, sorti en septembre 2025, qui a signé le plus gros démarrage mondial de l’histoire pour un film d’horreur, devant It. La saga a ainsi dépassé 2,3 milliards d’euros (2,7 Md$) de recettes cumulées.
Mais l’arrêt de l’intrigue principale ne ferme pas la boutique. Richard Brener, président de New Line Cinema, parle déjà de la fin d’une première phase. Une série pour HBO Max est en développement avec Nancy Won au poste de showrunneuse, et un nouveau prequel cinéma, The Conjuring: First Communion, racontera les jeunes années des Warren sous la direction de Rodrigue Huart, sur un script de Richard Naing et Ian Goldberg. Garrett Wareing et Amanda Fix incarneront les jeunes Ed et Lorraine Warren. Sortie prévue le 10 septembre 2027.
Ce n’est pas rien. Une poupée qui avait failli plomber une branche entière a finalement prouvé qu’un univers partagé d’horreur pouvait tenir au-delà de son duo principal.