Clayface : pourquoi sa scène la plus folle a été ajoutée si tard

La séquence la plus spectaculaire de Clayface n’était pas dans la version initiale. Un ajout tardif qui dit beaucoup du film final.

Clayface
Image d'illustration. Clayface — DC / PR-ADN

En bref

  • La scène culte a été ajoutée tardivement
  • James Watkins voulait plus de plaisir noir
  • Le script de Mike Flanagan reste la base

La meilleure idée de Clayface n’était pas là au départ. Cette grande séquence en boîte de nuit, où Matt Hagen se fraye un chemin en changeant de forme avant de remonter jusqu’au bureau de Markos Szabo, a été imaginée assez tard par James Watkins.

Une scène ajoutée au dernier moment

Ce n’est pas un détail. Dans un film déjà vendu comme un film de monstre classé R, cette parenthèse beaucoup plus libre, presque joueuse par instants, devient vite le passage qu’on retient. James Watkins explique qu’il voulait muscler la progression de Matt vers l’étage supérieur, avec une sensation de prise de forteresse, en pensant à des récits comme Robin Hood ou El Cid.

Résultat ? Une scène de baston et d’infiltration qui tranche avec l’humeur plus lourde du reste. Et qui se permet même une parenthèse de danse surréaliste, clairement pas le genre d’idée qu’on attendait dans ce coin-là du catalogue DC.

Pourquoi ce passage change le film

Ce qui intéresse ici, ce n’est pas seulement l’esbroufe. Watkins raconte qu’il voulait montrer Matt en train de découvrir le plaisir sombre lié à ses pouvoirs. Après tout ce que le personnage traverse jusque-là, le réalisateur cherchait aussi à autoriser le public à savourer cette revanche.

C’est là que la scène devient importante. Elle ne sert pas juste à relancer le rythme, elle recadre la relation entre le spectateur et le monstre. On ne regarde plus seulement une dégénérescence body horror, on voit un personnage prendre goût à ce qu’il peut faire, et ça change la température du film.

Le script de Flanagan n’a pas été balayé

Forcément, la question revient vite quand un nom comme Mike Flanagan est au générique, avec les crédits story by et screenplay. D’autant que l’écriture finale a aussi été retravaillée par Hossein Amini et James Watkins.

Mais le réalisateur insiste sur un point, le film reste très proche du brillant script de Flanagan. Il explique qu’il aurait été absurde de signer pour tout reconstruire. Les changements, eux, viennent surtout du concret, des décors à rationaliser, de scènes de laboratoire à condenser, et du travail mené sur le plateau avec les acteurs pour affiner certaines idées. Bref, un scénario qui bouge parce qu’un tournage, par nature, bouge aussi.

Un démarrage DC moins prévisible qu’il n’y paraît

Ce cas dit pas mal de choses sur le nouvel univers de James Gunn. Après des choix attendus comme Superman puis Supergirl, l’ensemble prend déjà des chemins beaucoup moins évidents, entre Lanterns, pensé sur un registre plus terre à terre, et ce Clayface qui préfère le body horror à la mécanique super-héroïque classique.

Et c’est sans doute le vrai sujet. Le lancement de ce nouveau DC Universe n’est peut-être pas encore parfaitement calibré, mais il évite au moins une chose, l’ennui. Clayface est en salles, et sa scène la plus mémorable raconte déjà comment ce monde-là compte se fabriquer, en avançant, en testant, en se réécrivant lui-même.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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