En bref
- Donald Glover prépare une série PUBG pour Netflix
- Krafton tente ce passage à la télé depuis 2019
- Le choix intrigue, mais il a une vraie logique
Après des années d’essais, Krafton a enfin trouvé un visage pour sa série PUBG, et ce n’est pas un choix banal. Donald Glover va réaliser, écrire, produire et jouer dans cette adaptation en prises de vues réelles pour Netflix, avec son frère Stephen Glover.
Un projet que Krafton traîne depuis longtemps
Vu de loin, l’annonce ressemble à un coup de dé un peu étrange. En réalité, Krafton pousse l’idée depuis des années. En 2019, encore sous le nom Bluehole, l’entreprise avait monté une writers room pour imaginer une série Netflix autour de PUBG.
Le projet a d’abord pris la forme d’un anime, avant de bifurquer vers une série premium. Une bible très développée avait été écrite, avec une idée assez tordue, presque une version action de The Truman Show, où une bonne partie du drame venait de ce qui se passait dans la salle de contrôle. Cette version a fini sur la touche, mais une partie du matériau a survécu dans le jeu, notamment autour de Sergei Kalimnick.
PUBG a déjà construit un vrai début de mythologie
On réduit souvent PUBG à ses parties nerveuses, à ses poêles et à ses chicken dinners. Pourtant, Krafton a essayé de lui donner un lore bien plus noir. La bande-annonce cinématique de la saison 4, lancée en 2019 avec la nouvelle version d’Erangel, montrait le bombardement de l’île à travers les yeux d’un enfant qui survit.
Cet enfant grandit ensuite avec son traumatisme et transforme cette survie en compétition monstrueuse, pour faire ressentir à d’autres ce statut de « survivant solitaire ». En 2021, Don Lee a aussi porté le court métrage live-action Ground Zero, où un prisonnier lutte pour sa vie sous l’œil des gardiens. C’est là que les premières « prison tapes » clandestines, qui mènent aux Battlegrounds, ont été posées. La même année, un projet animé avec le producteur Adi Shankar a été annoncé, sans aboutir.
Pourquoi l’adaptation n’est pas si absurde
Il faut remonter avant le jeu. PUBG puise directement dans Battle Royale, le thriller japonais sorti en 2000 d’après le roman de Koushun Takami. Cette matrice-là a irrigué ensuite The Hunger Games, puis des jeux comme Fortnite et Apex Legends.
Et même si le pic de folie est derrière lui, PUBG reste énorme à l’échelle mondiale. Le jeu a lancé la vague battle royale en 2017 et culminé à 3,25 millions de joueurs simultanés sur Steam en janvier 2018. Fortnite a capté plus de lumière ensuite, mais la marque, elle, n’a jamais disparu.
Donald Glover peut tordre la formule
C’est là que le casting devient intéressant. Sur le papier, Donald Glover n’est pas le premier nom qu’on associe à PUBG. Mais Atlanta et Mr. & Mrs. Smith montrent exactement ce qu’il sait faire, prendre un cadre simple, puis le rendre plus personnel, plus bizarre, parfois plus inquiétant.
Même côté action, il y a de la matière. Les épisodes paintball de Community le rappellent bien. Et This Is America, surtout, pèse dans l’équation. Confier à Glover un univers où des riches regardent des gens s’entretuer pour le spectacle, ce n’est pas anodin. Netflix n’a donné aucune date. Mais après sept ans d’efforts, Krafton tient peut-être enfin la bonne version de son adaptation.