Clayface : James Watkins assume seul l’échec éventuel du film

Le réalisateur de Clayface dit avoir eu les mains libres chez DC Studios. Si le film ne vous plaît pas, James Watkins estime que la responsabilité lui revient.

Clayface
Image d'illustration. Clayface — DC / PR-ADN

En bref

  • James Watkins assume les défauts de Clayface
  • DC Studios lui aurait laissé une vraie liberté
  • Le film tranche avec le reste du nouvel univers DC

Quand un réalisateur de blockbuster dit publiquement « si vous n’aimez pas le film, c’est ma faute », ça mérite qu’on s’y arrête. Pas seulement pour Clayface, mais pour ce que ça dit d’un film de studio dans un univers partagé où les cinéastes passent souvent pour de simples exécutants.

Un film DC qui n’a pas suivi la recette habituelle

Chez DC Studios, Clayface arrive en troisième long métrage du nouvel univers, après Superman de James Gunn et Supergirl de Craig Gillespie. Sauf qu’ici, on ne parle pas d’un film de super-héros balisé. Le projet est présenté comme un film d’horreur classé R, centré sur une étoile montante de Hollywood, incarnée par l’acteur gallois Tom Rhys Harries.

Sa carrière bascule quand un gangster lui lacère le visage au rasoir. Il accepte alors une procédure expérimentale pour réparer ses blessures, avec des effets secondaires horribles et inattendus. En gros, on est plus près du thriller de vengeance mâtiné de film de monstre que du grand spectacle formaté, et c’est sans doute ce qui rend l’objet un peu plus intéressant que la moyenne.

Watkins dit avoir eu les mains libres

C’est là que la sortie de James Watkins devient importante. Interrogé sur ces franchises où les réalisateurs sont parfois traités comme des petites mains, il a insisté sur le fait que son expérience avait été excellente. Il a expliqué que tout s’était fait simplement avec James Gunn, Peter Safran, Matt Reeves, Lynn Harris et le reste de l’équipe.

Autrement dit, pas de direction imposée en sous-main, pas de costume de messager chargé d’exécuter des ordres venus d’un bureau. La liberté créative, selon lui, était bien réelle. Et ça change la lecture du film. Si un projet intégré à un univers aussi surveillé laisse vraiment de la place à un metteur en scène, on ne peut plus attribuer automatiquement chaque choix bancal au studio.

Pourquoi il prend les critiques pour lui

Le scénario est signé Mike Flanagan, aussi créateur de la série Carrie pour Prime Video, avec Hossein Amini, nommé aux Oscars pour Drive. Watkins dit y avoir ajouté sa propre contribution, après avoir lu un script que Flanagan décrivait comme « une tragédie en trois actes ». Son objectif, expliquait-il, était de préserver cette idée tout en donnant au public une raison de soutenir le personnage.

C’est à partir de là qu’il a proposé sa version du film, validée puis soutenue jusqu’au bout. Donc, pour lui, la conclusion est simple : impossible de blâmer les producteurs si ça ne fonctionne pas, puisque tout le monde l’a accompagné dans sa vision. Bon, c’est une position assez rare pour être notée.

Reste le film lui-même. Les critiques sont partagées à plutôt positives, avec un accueil qui salue un objet efficace sans le juger très profond émotionnellement. Un thriller resserré, avec des éléments de monstre movie, pas mal de personnalité, mais pas forcément de quoi faire l’unanimité. Et dans un univers partagé, cette idée compte presque autant que le résultat : si DC laisse vraiment ses cinéastes signer leurs films, les prochains faux pas comme les réussites seront plus faciles à attribuer.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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