Cette adaptation méconnue d’un anime de science-fiction avec Mark Hamill mérite d’être redécouverte

Image d'illustration. MutronicsMutronics / PR-ADN
Souvent éclipsée par ses rôles emblématiques, la participation de Mark Hamill à une adaptation d’anime de science-fiction reste méconnue. Pourtant, cette œuvre singulière mérite d’être redécouverte pour son originalité et la performance marquante de l’acteur.
Tl;dr
- « Mutronics » : adaptation américaine d’un manga culte.
- Costumes et effets spéciaux salués, scénario critiqué.
- Mark Hamill incarne un agent dans une intrigue débridée.
Un manga culte à l’américaine
Lorsque l’on évoque les adaptations hollywoodiennes de mangas japonais, rares sont celles qui datent des années 1990. Pourtant, Mutronics (« The Guyver ») », porté par Mark Hamill, s’inscrit parmi ces tentatives précoces, cherchant à transposer la folie créative de Yoshiki Takaya sur grand écran. L’œuvre originale, « Bio-Booster Armor Guyver », plonge le lecteur dans l’univers trouble de la Cronos Corporation. Un vol retentissant de trois unités techno-organiques inaugure la série, les artefacts se dispersant suite à une explosion, jusqu’à tomber entre les mains d’adolescents ordinaires et de figures mystérieuses telles qu’Agito Makishima.
L’épreuve du passage au live-action
Déjà adaptée en animation – d’abord sous forme d’un court métrage en 1986 puis d’une OAV marquante en 1989 –, la franchise ne jouit pas d’une renommée comparable à celle de Gundam, mais elle cultive une petite ferveur grâce à ses combats saisissants et à son esthétique bio-organique unique. En 1991, Hollywood tente donc l’aventure : confiée aux réalisateurs Screaming Mad George et Steve Wang, la version américaine donne naissance à un film oscillant entre hommage sincère et kitsch assumé. Si le scénario perd en profondeur ce qu’il gagne en extravagance, certains éléments tirent leur épingle du jeu.
L’atout visuel : costumes et transformations
On retient surtout le travail soigné sur les costumes du « Guyver », qui fait oublier les faiblesses narratives et confère au protagoniste principal, ici rebaptisé Sean Barker (interprété par Jack Armstrong, supposé représenter Shō Fukamachi), une stature inattendue. Dans ce contexte, le rôle du CIA Max Reed joué par Mark Hamill, souvent cantonné à des caméos ou rôles vocaux emblématiques comme dans « Batman: The Animated Series », vient apporter un semblant de crédibilité. Toutefois, c’est surtout sur le terrain des effets spéciaux que le film s’affirme.
Pour saisir ce qui fait la particularité de cette adaptation, il suffit de relever quelques points forts :
- Transformations spectaculaires et monstres originaux rivalisent d’ingéniosité visuelle.
- L’esthétique évoque davantage un « Power Rangers » pour adultes qu’une relecture fidèle du manga.
- Tokusatsu américain, mais loin du style martial et sombre des productions japonaises.
Bilan mitigé pour une curiosité pop-culturelle
Si certains acteurs – tel que David Gale dans le rôle du président Fulton Balcus – optent pour une excentricité parodique, l’ensemble bascule parfois dans l’excès sans jamais assumer pleinement son côté décalé. Reste que « Mutronics » conserve un statut singulier : témoin d’une époque où Hollywood tâtonnait encore avec les codes du manga et de la culture tokusatsu. Un objet curieux plus sympathique qu’indispensable, à regarder avec indulgence… si l’on accepte ses partis pris délirants et ses écarts avec le matériau original.