En bref
- Quatre trilogies SF finissent en sommet
- Le troisième film y dépasse l’escalade facile
- Le final devient aussi le plus fort
Finir fort, au cinéma, c’est déjà compliqué. Finir plus haut après trois films, c’est autre chose.
Dans une trilogie de science-fiction, le piège est connu, il faut monter en puissance sans gonfler artificiellement la machine. La logique, c’est l’escalade : une menace plus lourde, des enjeux plus vastes, un monde qui se resserre. La vieille démonstration donnée par Star Wars reste parlante, avec l’arrivée de l’Empereur et une Death Star encore plus massive. Mais faire plus grand ne suffit pas. Le vrai test, c’est de donner du poids à cette ampleur.
Pourquoi le troisième film est souvent le plus fragile
Pas mal de trilogies démarrent très bien puis s’essoufflent. D’autres culminent au deuxième épisode. Les cas où le troisième film devient clairement le meilleur restent rares, justement parce qu’il faut à la fois conclure, surprendre et garder une cohérence d’ensemble. C’est ce qui relie les quatre séries citées ici, malgré des registres très différents.
Quand les monstres grandissent avec leur public
Chez Gamera, la surprise vient de la trilogie des années 1990 menée par Shusuke Kaneko. Gamera: Guardian of the Universe, sorti en 1995, relance la franchise avec un reboot solide et des effets pratiques que le texte considère encore comme le sommet de la série. Mais c’est Gamera 3: Revenge of Iris qui va plus loin. Le film ne se contente pas du spectacle, même s’il en a, avec cette scène où Gamera doit se faire exploser le bras avant d’en reformer un dans les flammes. Il montre aussi la destruction causée par le monstre à son échelle la plus meurtrière. Résultat, un final vu comme le meilleur de la trilogie, de la franchise, et même comme l’un des grands films de monstres.
Du côté de La Planète des singes, la montée en gamme est plus nette encore. Après Rise of the Planet of the Apes en 2011, qui relançait la saga avec la performance d’Andy Serkis et les effets visuels de WETA, puis Dawn en 2014, c’est War for the Planet of the Apes en 2017 qui est pointé comme le sommet. Le film laisse peu de place aux humains et recentre presque tout sur les singes. Avec le travail de motion capture, celui de Steve Zahn, de Karin Konoval et surtout de Serkis, le conflit gagne une gravité que la saga n’avait jamais portée aussi loin, sous le regard de Matt Reeves.
Le super-héros sans son armure
Le cas Iron Man est plus discuté, mais intéressant. Iron Man 2 n’a pas la tenue du premier film de Jon Favreau. Et pourtant, Iron Man 3, signé Shane Black, est présenté ici comme le meilleur des trois. Pas pour ses missiles ou ses rafales, justement. Le film démonte Tony Stark, l’oblige à bricoler, réfléchir, improviser. Moins d’armure, plus d’homme. Les choix autour du méchant ont pu diviser, mais l’idée est limpide, ce qui compte n’est pas le costume, c’est Stark lui-même, et Robert Downey Jr. y trouve sans doute son usage le plus fin dans tout le MCU.
Logan, ou la conclusion qui assume enfin le temps qui passe
Puis il y a Wolverine. Après X-Men Origins: Wolverine en 2009, que le texte préfère presque expédier, puis The Wolverine en 2013, Logan en 2017 change d’échelle. Hugh Jackman porte le personnage depuis dix-sept ans, et cette durée devient une matière dramatique. Le corps fatigue, le héros aussi. James Mangold en tire un récit de fin de course qui parle autant du personnage que du temps passé avec lui. Et en s’éloignant du canon le plus rigide de la franchise, Logan trouve une vraie autonomie. C’est là que ces trilogies racontent quelque chose de plus large, un final réussi n’est pas forcément celui qui fait plus, c’est souvent celui qui comprend enfin ce qu’il doit conclure.