En bref
- Manus repart seul après l’échec du deal avec Meta et vise une levée de 500 millions de dollars.
- De gros investisseurs s’intéressent au projet, tandis que Manus préparerait aussi une possible entrée en bourse à Hong Kong.
- Malgré les tensions réglementaires avec la Chine, Manus continue de développer ses agents IA.
Le plus frappant, c’est le rebond. Après un rachat bloqué avec Meta, Manus est de retour en solo et discute déjà une levée de 500 millions de dollars sur la base d’une valorisation de 4 milliards de dollars. Pour une boîte qui venait de passer par une séparation aussi lourde, le move est tout sauf anodin.
Un comeback à vitesse grand V
Manus a récemment expliqué avoir repris ses opérations indépendantes. Et la boîte précise que son équipe fondatrice reste aux commandes. Dit autrement, le studio IA veut montrer qu’il n’est pas en mode survie, mais déjà reparti à l’attaque.
Le timing compte. Plus tôt dans l’année, le projet de fusion avec Meta avait capoté. Là, l’entreprise revient avec une ambition financière nettement plus élevée, ce qui donne une idée assez claire de la confiance qu’elle essaie de réinstaller autour de son nom.
Des investisseurs déjà dans les starting-blocks
Selon les discussions en cours, plusieurs noms gravitent autour du tour de table. On parle de IDG Capital, Boyu Capital, du fabricant de batteries Contemporary Amperex Technology, mais aussi d’actionnaires déjà présents comme Tencent, HSG et Zhenfund.
Et ce n’est pas tout. Manus réfléchirait aussi à une restructuration pour préparer une IPO à Hong Kong. Bref, on n’est pas sur une simple levée tampon pour respirer quelques mois.
Le dossier Meta a laissé des traces
Si l’opération avec Meta a sauté, ce n’est pas pour une question de produit. Pékin aurait bloqué le deal sur fond d’inquiétudes croissantes autour de la fuite des talents et chercheurs IA vers l’Ouest, avec en plus des risques de non-conformité aux règles sur les contrôles à l’export et les investissements étrangers.
Depuis, Manus s’est démêlé de l’accord avec le géant américain. Ses premiers investisseurs et soutiens l’auraient aidé à racheter les parts de la société sur une base de 2 milliards de dollars.
Il y a eu aussi un effet très concret côté utilisateurs. En août, l’entreprise a demandé à ses clients d’exporter et sauvegarder leurs données, car elle devait supprimer celles générées après l’acquisition par Meta pour respecter certaines exigences réglementaires selon les juridictions concernées. Pas mal de turbulence, quand même.
Pourquoi Manus reste surveillé de près ?
Si Manus continue d’attirer autant d’attention, c’est aussi parce que ses produits collent pile au marché du moment. La société développe des agents IA et des outils proches de ce que proposent OpenAI, Lovable ou Replit, avec chatbot, assistant navigateur et fonctions de vibe-coding pour créer des apps, des sites, des designs, des présentations ou même de la vidéo.
L’entreprise s’était déjà fait remarquer l’an dernier avec une démo virale de son agent IA. Elle avait ensuite déplacé ses équipes à Singapour à la mi-2025, avant l’annonce en décembre d’un rachat à Meta valorisé 2 milliards de dollars. À ce moment-là, Manus aurait généré plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Et ça, dans l’IA actuelle, ce n’est pas un détail.