Manus échappe à Meta sous pression de la Chine

Image d'illustration. MetaMeta / PR-ADN
La Chine a empêché Meta de finaliser l’acquisition de Manus dans un contexte de fortes tensions technologiques avec les États-Unis.
Tl;dr
- La Chine bloque l’investissement étranger dans la start-up d’IA Manus, empêchant Meta de finaliser son acquisition.
- Pékin justifie sa décision par des raisons de sécurité nationale, dans un contexte de fortes tensions technologiques avec les États-Unis.
- Ce blocage illustre la montée des rivalités mondiales autour de l’intelligence artificielle et des technologies stratégiques.
La Chine met un frein à Meta
Le paysage mondial de la technologie est une nouvelle fois bouleversé, cette fois-ci par une décision ferme de la part de la Commission nationale du développement et de la réforme en Chine. Celle-ci a signifié en début de semaine sa volonté d’interdire l’investissement étranger dans l’acquisition du projet Manus, bloquant ainsi les ambitions de Meta, qui espérait intégrer à son arsenal cette prometteuse start-up d’intelligence artificielle. La nouvelle, révélée par le Wall Street Journal, intervient alors que les tensions entre Pékin et Washington sur le terrain technologique restent palpables.
Un dossier miné par la sécurité nationale
Pour justifier sa décision, la Chine a évoqué des « préoccupations de sécurité nationale », sans jamais nommer explicitement Meta. Malgré tout, le géant californien, maison-mère de Facebook, WhatsApp et Instagram, avait tenu à préciser auprès de l’AFP que « la transaction respectait pleinement la législation applicable », anticipant même « une issue appropriée à cette enquête ». Mais la réalité s’est révélée tout autre, confrontant le groupe à une impasse réglementaire.
Un enjeu stratégique pour Meta
En décembre 2025, Meta s’était accordé avec les fondateurs de Manus, une entité née en Chine avant d’émigrer à Singapour, afin de renforcer ses propres capacités en IA. L’objectif affiché ? Selon un porte-parole du groupe, il s’agissait d’« apporter un agent de premier plan à des milliards de personnes et de débloquer des opportunités pour les entreprises sur l’ensemble de nos produits ». Les détails financiers étaient restés confidentiels, mais certains investisseurs avaient déjà engrangé des retours liés à ce rapprochement avorté.
D’ailleurs, selon plusieurs analystes, la manœuvre se heurtait depuis plusieurs mois aux régulateurs chinois. Déjà en mars 2026, le Financial Times rapportait que les deux cofondateurs se voyaient interdire toute sortie du territoire chinois.
L’intensification d’un bras de fer technologique mondial
Il faut dire que ce revers ne tombe pas du ciel : il cristallise un contexte international tendu où chaque acteur guette fébrilement les prochains mouvements adverses. La Chine multiplie depuis peu les mesures pour verrouiller certains fleurons nationaux face aux appétits étrangers. À travers Manus, outil capable aussi bien d’analyser les marchés boursiers que d’élaborer des guides touristiques personnalisés, c’est tout un pan du futur numérique qui échappe aujourd’hui au contrôle occidental.
Finalement, au-delà du simple épisode commercial, ce blocage vient souligner le caractère hautement stratégique et disputé des avancées en intelligence artificielle. Les prochains chapitres s’écriront sans doute sous haute surveillance.