En bref
- TikTok aurait testé un outil de sécurité qui semblait activé sans réellement modifier les recommandations.
- New York accuse la plateforme sociale chinoise de tromper les utilisateurs et d’encourager des usages addictifs chez les jeunes.
- D’autres tests controversés et un suicide impliqué dans le dossier renforcent la pression sur TikTok.
Activer une protection qui ne protège pas, c’est le genre de détail qui change tout. Et c’est précisément ce que reproche New York à TikTok dans sa plainte contre la plateforme.
Un bouton de sécurité qui ne changeait rien
D’après les éléments rapportés par Reuters, TikTok a mené des tests sur des milliers d’utilisateurs, avec parmi eux des ados et des enfants. Le point le plus gênant concerne Algo Refresh, un outil censé remettre à zéro les recommandations pour éviter de revoir des contenus non désirés ou potentiellement nocifs.
Sauf que, pour une partie des personnes intégrées à l’expérience, l’option semblait activée, mais leur fil ne bougeait pas. Rien. Pendant ce temps, d’autres utilisateurs, eux aussi dotés de la fonction, avaient accès à une version qui marchait vraiment. Dit autrement, certains croyaient avoir un parachute, alors qu’ils avaient juste l’icône du parachute.
Pourquoi New York tape fort sur TikTok ?
Cette plainte ne tombe pas du ciel. Celle de New York fait partie de plus de deux douzaines de procédures lancées par des Etats américains contre TikTok.
Le reproche de fond, on le connaît, mais il pèse lourd quand même. La plateforme est accusée d’avoir été pensée de façon à encourager un usage addictif chez les plus jeunes, tout en donnant aux utilisateurs une image trompeuse de ses outils de sécurité. Là, on ne parle plus d’un simple bug ou d’un test mal calibré. On parle de confiance.
D’autres tests pointés, et un contexte beaucoup plus lourd
Le dossier évoque aussi d’autres expérimentations. Bloomberg rapportait en juin qu’un autre test avait privé 15 millions d’utilisateurs américains d’une fonctionnalité de sécurité.
Parmi eux, selon ce même récit, figurait un adolescent qui s’est ensuite suicidé. Le lien exact avec l’expérience n’est pas détaillé ici, mais la seule présence de cet élément dans le dossier suffit à faire grimper la température d’un cran. Clairement, l’affaire dépasse largement la question d’un simple réglage produit.
La défense de TikTok reste très générale
De son côté, TikTok a expliqué à Reuters qu’il améliore en continu sa plateforme et que, comme beaucoup d’entreprises, il teste régulièrement de nouveaux produits et fonctionnalités pour valider l’expérience et voir comment ils fonctionnent dans des conditions réelles.
Mais sur l’accusation précise d’un outil placebo présenté comme une vraie protection, pas de réponse détaillée. Et c’est bien là que le dossier devient explosif.