En bref
- La RAM est une mémoire temporaire essentielle aux performances d’un appareil, mais son prix grimpe fortement sous l’effet de la demande des centres de données dédiés à l’IA.
- La ROM désignait à l’origine une mémoire en lecture seule, mais les progrès technologiques ont permis de créer des versions effaçables et réinscriptibles.
- Aujourd’hui, le terme ROM est souvent utilisé par abus de langage pour désigner le stockage flash des PC et smartphones, plutôt que de la véritable mémoire en lecture seule.
Quand vous voyez RAM et ROM sur une fiche technique, vous lisez en fait deux mots qui n’ont pas vieilli au même rythme. Et c’est là que ça se complique un peu.
La RAM, c’est la mémoire qui fait tourner la machine
La RAM, c’est la mémoire de travail. Celle que le processeur utilise en direct. Ouvrez un onglet de navigateur, il est copié depuis le stockage vers la RAM pour être accessible très vite, en quelques nanosecondes. Si le courant saute, tout disparaît.
Le type le plus courant reste la DRAM, qui stocke chaque bit dans un minuscule condensateur rafraîchi des milliers de fois par seconde. Sur PC, on pense tout de suite aux barrettes DDR5, devenues franchement hors de prix. Les smartphones et les laptops fins utilisent plutôt de la LPDDR soudée à la carte, pendant que les cartes graphiques collent de la GDDR autour du GPU.
Plus vous avez de RAM, plus vous pouvez lancer d’apps, ouvrir d’onglets et jouer à des titres plus lourds avant que la machine ne bascule vers un stockage bien plus lent. Résultat, ça change tout au quotidien.
Pourquoi la mémoire vive coûte plus cher ?
Le sujet n’est pas seulement technique. Début d’année, TrendForce a observé une hausse de 90 à 95% des prix de la DRAM classique d’un trimestre à l’autre. Oui, c’est énorme.
La raison, vous la voyez venir, c’est l’IA. Les data centers aspirent pratiquement toute l’offre disponible. L’exemple cité le plus frappant concerne les plans de NVIDIA, avec jusqu’à 100 milliards de dollars pour aider OpenAI à construire 10 gigawatts de centres de données IA. L’opération est bloquée, mais la tendance, elle, est limpide.
Même chez Micron, le recentrage est brutal. Le groupe a annoncé l’arrêt de sa marque grand public Crucial pour se concentrer sur la demande IA, plus rentable, avec une fin d’activité en février. Et ce n’est pas la première pénurie du genre, Huawei avait déjà mis les ralentissements du P10 sur le dos d’un manque de mémoire en 2017.
La ROM n’est presque plus vraiment de la ROM
La ROM, à l’origine, contenait des données gravées dans le circuit. Pour modifier quoi que ce soit, il fallait refaire la puce. Puis la situation a changé, vite.
En 1956, Wen Tsing Chow, chez American Bosch Arma, met au point la PROM pour permettre à l’US Air Force de charger des données de ciblage dans des ordinateurs de guidage de missiles. Le problème, c’est qu’une écriture restait définitive. Ensuite, en 1971, Dov Frohman de Intel conçoit l’EPROM, effaçable aux UV grâce à une petite fenêtre en quartz. L’EEPROM supprime ensuite ce passage. Puis Fujio Masuoka, chez Toshiba, pousse l’idée jusqu’à la mémoire flash, d’abord en NOR flash en 1984, puis en NAND flash en 1987.
Pourquoi votre PC et votre smartphone entretiennent le flou ?
Aujourd’hui, la puce du BIOS sur une carte mère est encore appelée BIOS ROM, alors qu’il s’agit en réalité d’une petite puce flash réécrite lors des mises à jour de firmware. Même logique sur smartphone. Chez Xiaomi, la ROM affichée pour le Redmi 13 correspond en pratique à de la flash UFS ou eMMC, avec des partitions système verrouillées en lecture seule.
Bref, la vraie ROM d’usine existe encore, mais surtout dans de l’électronique très bon marché et des microcontrôleurs au code figé. Pour le reste, le mot ROM sert surtout d’étiquette pratique. Et oui, les vieilles cartouches de jeux, elles, étaient de la vraie ROM. Voilà pourquoi leurs dumps pour émulateurs s’appellent toujours des ROMs.