En bref
- OpenAI aurait corrigé son revenu annualisé de près de 70 à 50 milliards de dollars.
- L’écart avec Anthropic était difficile à évaluer, car les deux entreprises ne calculent pas leurs revenus de la même manière.
- Malgré une levée de fonds massive, OpenAI doit maîtriser ses dépenses et pourrait repousser son introduction en Bourse à début 2027.
Quand une boîte qui brûle autant de cash corrige son récit financier de près de 20 milliards de dollars, ce n’est pas un simple ajustement de tableau Excel. Pour OpenAI, c’est un rappel assez brutal, la narration autour de sa croissance compte presque autant que la croissance elle-même.
Un trou de 20 milliards qui refroidit l’histoire
Il y a quelques jours encore, le revenu annualisé d’OpenAI était présenté comme proche de 70 milliards de dollars. De quoi la placer dans la même conversation qu’Anthropic, au moins sur le papier.
Sauf que, d’après le Financial Times, l’entreprise a depuis indiqué à ses investisseurs un chiffre plus bas, plutôt autour de 50 milliards de dollars. L’écart est énorme. Et il change tout de suite la lecture du dossier.
Le plus gênant, c’est que le niveau précédent venait lui aussi d’informations déjà partagées avec des investisseurs. Pas exactement le genre de flottement qu’on aime voir quand les montants en jeu tutoient les sommets.
Le match avec Anthropic n’était pas si simple
Le cœur du problème, c’est la comparaison avec Anthropic. Le chiffre de 70 milliards de dollars n’était pas une mesure brute tombée du ciel, mais une tentative menée par des investisseurs d’OpenAI pour aligner ses revenus annualisés avec ceux de son rival.
Et là, forcément, ça coince un peu. Anthropic intègre dans son calcul les ventes réalisées par ses partenaires cloud. OpenAI, non. On compare donc deux compteurs qui ne tournent pas de la même façon. Résultat, le duel paraissait plus net qu’il ne l’était vraiment.
TechCrunch a sollicité OpenAI pour obtenir un commentaire. Rien de plus, pour l’instant.
Pourquoi ce correctif pèse lourd maintenant ?
Ce recalage tombe mal, parce qu’OpenAI doit justifier des investissements gigantesques. En mars, l’entreprise a levé 122 milliards de dollars lors d’un tour de financement. À ce niveau-là, chaque chiffre public devient une pièce du dossier.
Des documents financiers de 2025, qui avaient fuité plus tôt cette année, montraient déjà environ 13 milliards de dollars de revenus, avec des dépenses nettement supérieures. Bref, la machine grossit très vite, mais elle coûte encore plus vite.
Et l’IPO supposée arriver cette année s’éloigne aussi. Le calendrier aurait glissé au début de 2027. Entre les pertes, les attentes des investisseurs et ce revenu annualisé revu à la baisse, le message est limpide, OpenAI reste une fusée, mais une fusée qui doit encore prouver qu’elle sait atterrir.