Apple et Google sommés de retirer les applis de « nudify » des stores

San Francisco demande à Apple et Google de supprimer des dizaines d'applis de nudify. En jeu, des deepfakes sexuels et la loi californienne.

Deepfake
Image d'illustration. Deepfake — ADN

En bref

  • San Francisco attaque les apps IA qui déshabillent des personnes sans consentement.
  • Apple et Google sont accusés d’avoir hébergé et monétisé ces services.
  • La Californie renforce les sanctions contre les deepfakes intimes.

Une photo publique suffit. Et c’est bien ça qui rend ces applis de nudify aussi toxiques. Le sujet dépasse largement les célébrités visées par la pornographie deepfake depuis des années. Avec ce type d’outils, n’importe qui peut devenir une cible à partir d’une image récupérée en ligne. Le principe est simple, et franchement glauque, des logiciels modifient des photos pour déshabiller numériquement les personnes qui y apparaissent. Pas besoin d’être connu pour se retrouver exposé.

Le problème ne vise plus seulement les stars

Dans ce dossier, San Francisco s’attaque à des dizaines d’applications présentes sur les boutiques d’Apple et de Google. La ville exige leur retrait. Ce ne sont pas de vagues services IA planqués dans un coin du web, mais des apps accessibles via les stores les plus utilisés du marché. Et ça change tout.

San Francisco met Apple et Google face à leurs responsabilités

L’offensive est portée par le procureur municipal David Chiu, qui reproche aux deux groupes d’avoir continué à héberger ces apps, mais aussi à en tirer de l’argent. Dans sa prise de parole, il accuse Apple et Google de profiter d’applications qui exploitent les femmes et les filles en générant des faux contenus intimes sans consentement. Il estime aussi que les deux entreprises ne peuvent pas se contenter de couper les ponts avec quelques services problématiques, elles doivent surveiller activement leurs plateformes.

Le point le plus sensible, c’est l’argent. Selon David Chiu, les deux sociétés auraient probablement encaissé des millions de dollars en commissions, soit environ des millions d’euros, via des apps proposant ce genre de services. Là, on ne parle plus d’un angle mort technique.

La loi californienne est déjà là, et elle s’est durcie

La base légale existe déjà en Californie. L’État pénalise toute activité qui facilite sciemment, ou aide de manière imprudente, à produire de la pornographie deepfake non consentie. Et en 2025, une autre loi a ajouté une arme de plus, les victimes peuvent désormais engager des actions civiles contre les facilitateurs tiers de ce type de contenu.

Du coup, le message envoyé à Apple et Google est assez net. Si la ville considère qu’ils ont laissé faire tout en encaissant les paiements, des sanctions civiles peuvent tomber.

Des alertes répétées depuis des mois

Ce qui fragilise surtout la position des deux plateformes, c’est qu’elles auraient été prévenues à plusieurs reprises. Les courriers envoyés par le bureau de David Chiu expliquent qu’Apple et Google étaient informés depuis presque un an de leur rôle dans le traitement de paiements liés à des achats illégaux.

En janvier puis en avril, le Tech Transparency Project a adressé des rapports et des lettres aux deux entreprises. L’organisation disait avoir repéré des dizaines d’apps vendant des images intimes non consenties générées par IA, avec paiements traités par les deux groupes. Son rapport d’avril allait encore plus loin, en affirmant qu’Apple et Google orientaient délibérément les utilisateurs vers ces applications et jouaient un rôle clé dans la diffusion de ces outils IA.

Les deux entreprises ont maintenant 28 jours pour reprendre contact avec la ville. Clairement, ce n’est plus un simple rappel à l’ordre.

Jordan Servan

Spécialiste Tech

Rédacteur sur Begeek.fr depuis 2014, passionné par les jeux vidéo, les séries TV et le cinéma.

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