En bref
- The X-Files fête ses 33 ans
- Son duo central reste inégalé
- Un reboot par Ryan Coogler arrive
Il y a des séries qui vieillissent comme des archives. The X-Files, elle, ressemble encore à une alerte. Trente-trois ans après son lancement sur Fox, son mélange de paranoïa politique, de fantastique et d’enquêtes bancales au meilleur sens du terme continue de parler à notre époque.
Une série des années 90 qui colle encore au présent
Le plus frappant, ce n’est pas seulement que la série tienne debout. C’est qu’elle garde une vraie résonance. Son grand fil rouge mettait en scène des forces corrompues au sein du gouvernement américain, alliées à des extraterrestres mal intentionnés dans un complot parfois franchement confus, mais tenace. Et cette vieille devise de la série, « Ne faire confiance à personne », n’a pas vraiment perdu de sa force.
Lancée il y a 33 ans, The X-Files a réussi quelque chose de rare, faire cohabiter le feuilleton conspirationniste et l’épisode autonome. En gros, vous pouviez suivre une vaste mythologie alien ou débarquer pour un monstre isolé dans une forêt noyée de brume.
Le duo Mulder-Scully, le vrai moteur
On parle souvent des aliens. Ce n’est pourtant pas là que la série gagne vraiment. Le cœur, c’est l’équilibre entre Fox Mulder et Dana Scully, incarnés par David Duchovny et Gillian Anderson.
Mulder croit à tout, ou presque. Scully, médecin et agente du FBI, doute sans relâche. La série était presque construite pour donner raison à Mulder, mais l’écriture et le jeu d’Anderson faisaient de Scully une sceptique crédible, jamais réduite au rôle de faire-valoir. Résultat, une alchimie immédiate, plus stimulante dans la tension et le respect mutuel que dans la romance. Et quand Duchovny s’est éloigné un temps, la série ne s’en est jamais vraiment remise.
Monstres, complot, humour, la formule qui savait tout absorber
C’est aussi une série étonnamment souple. Elle pouvait passer d’un tueur paranormal à une créature mutante, puis glisser vers quelque chose de franchement drôle sans casser son identité. Quand les scénaristes ont compris que l’humour pouvait cohabiter avec l’horreur, The X-Files a trouvé sa vitesse de croisière.
Il y avait même une forme de confort là-dedans, ce qui est quand même paradoxal pour une série censée faire peur. Les cinq premières saisons, tournées à Vancouver, baignaient dans le brouillard et l’humidité. Une esthétique très simple, mais redoutable. Comme lire des histoires macabres près d’une cheminée un soir de pluie. Même les épisodes ratés gardent ce charme-là. Et certains cas isolés, comme Die Hand Die Verletzt, poussaient le curseur jusqu’à suggérer une rencontre avec le diable.
Une influence immense, mais difficile à reproduire
Créée par Chris Carter, nourrie par Kolchak: The Night Stalker et Twin Peaks, la série a laissé une empreinte très large. Elle a propulsé Duchovny et Anderson, mais aussi lancé Vince Gilligan, futur créateur de Breaking Bad, Better Call Saul et Pluribus.
La suite a été plus inégale, avec deux films, dont un jugé réussi et l’autre beaucoup moins, puis deux saisons revival globalement décevantes hors quelques épisodes. Reste un fait, peu de séries ont réussi à copier la formule. Un reboot piloté par Ryan Coogler est en préparation. Bonne nouvelle sur le papier. Mais recréer une œuvre aussi liée aux années 90, sans perdre sa brume ni sa bizarrerie, c’est une autre affaire.