Trois rebondissements de séries de science-fiction bien trop prévisibles

Image d'illustration. WestworldHBO / PR-ADN
Certaines séries de science-fiction sont réputées pour leurs retournements de situation inattendus. Pourtant, il arrive que certains twists tombent à plat, trop prévisibles pour surprendre le public averti des amateurs du genre.
Tl;dr
- Twists in famous sci-fi shows were too predictable.
- Black Mirror, Westworld, Stranger Things all had obvious reveals.
- Lack of surprise frustrated attentive viewers of the genre.
Des révélations sans surprise dans les séries SF emblématiques
Depuis quelques années, plusieurs grandes séries de science-fiction à succès peinent à étonner leur public avec leurs fameux « twists ». Pourtant, ces rebondissements inattendus font souvent la renommée du genre. Qu’il s’agisse de Black Mirror, Westworld ou encore de Stranger Things, certains retournements scénaristiques n’ont pas réussi à prendre les spectateurs au dépourvu. Bien que ces œuvres continuent de séduire un large public, un sentiment d’évidence s’est parfois glissé au fil des épisodes, laissant une partie des amateurs un brin désabusés.
Des ficelles trop visibles dans Black Mirror
Difficile d’oublier l’impact des premiers épisodes de la série dystopique britannique. Les saisons initiales de Black Mirror, diffusées sur Channel 4, étaient réputées pour leurs fins cruelles et surprenantes — pensons à « White Bear » ou « White Christmas ». Toutefois, avec l’arrivée de la série sur Netflix en 2016, certaines mécaniques narratives se sont faites plus prévisibles. L’épisode « Playtest », par exemple, propose un jeu de réalité virtuelle immersif où le personnage principal affronte ses pires peurs. Pourtant, très vite, le spectateur pressent que toute cette aventure n’est sans doute qu’une illusion ou le fruit d’un dysfonctionnement fatal. Le dénouement sombre se révèle alors bien trop télégraphié pour véritablement bouleverser.
L’ambition narrative de Westworld, freinée par l’évidence
Inspirée du roman éponyme de Michael Crichton, la série HBO a bâti son intrigue sur des jeux temporels et identitaires complexes. Mais même une construction élaborée ne garantit pas toujours la surprise. Le cas du personnage William (interprété par Jimmi Simpson) illustre cette limite : figure empathique du début, il évolue vers le cruel « Man in Black » campé par Ed Harris. Or, ce virage était si lourdement suggéré que la majorité des téléspectateurs avaient anticipé cette révélation bien avant son officialisation.
Stranger Things: héroïsme prévisible et retour annoncé
En saison 3, le virage cartoonesque pris par la série est notable : plus exubérante, elle perd en subtilité ce qu’elle gagne en énergie. Un exemple frappant concerne le shérif Hopper (David Harbour). De père endeuillé et discret lors des premières saisons, il devient soudain une caricature d’action man bravache et agressif. Tout portait alors à croire à une future rédemption par le sacrifice héroïque… mais l’idée même qu’un personnage aussi central soit réellement éliminé restait improbable. Dès lors, son retour ultérieur n’a surpris personne.
Si ces séries continuent d’être encensées pour leur univers singulier et leurs performances remarquables, elles illustrent aussi les risques d’un scénario trop balisé. Les aficionados avertis du genre attendent sans doute davantage d’audace pour retrouver cette sensation unique : celle d’être véritablement pris au dépourvu.