En bref
- Huit projets Star Wars ont été stoppés
- Certains avaient scripts, épisodes ou concept arts
- Budget, planning et stratégie ont tout bloqué
Le plus frappant, dans cette série d’abandons, ce n’est pas le nombre. C’est ce qu’il raconte de Lucasfilm. Derrière la machine Star Wars, on voit surtout un studio qui a longtemps jonglé entre ambitions énormes, priorités mouvantes et projets lancés un peu trop tôt.
Quand Lucasfilm change de cap, même les gros noms sautent
Le cas Boba Fett résume bien le problème. Un film dérivé avait été envisagé au début de l’ère Disney, avec Josh Trank à la réalisation et, selon les informations de l’époque, Simon Kinberg dans l’équation. La présentation prévue à Star Wars Celebration en 2015 a été annulée, Trank est parti, puis le projet s’est effondré. Une autre tentative avec James Mangold n’a pas abouti non plus. Le personnage a fini par revenir autrement, dans The Mandalorian puis The Book of Boba Fett.
Même scénario, autre échelle, pour la trilogie de David Benioff et D.B. Weiss. Lucasfilm avait officialisé un nouveau cycle de films séparé de la saga Skywalker, avec un premier long-métrage alors calé pour 2022. En 2019, les deux créateurs ont quitté le navire, expliquant que leurs engagements chez Netflix empêchaient de mener les deux fronts correctement.
Et puis il y a les projets qui s’éteignent presque en silence. J.D. Dillard, accompagné du scénariste Matt Owens, développait bien un film, un temps associé à Exegol. En 2022, le réalisateur a fini par confirmer que ce n’était, je traduis, plus d’actualité. Même disparition pour le film produit par Kevin Feige, avec Michael Waldron au scénario. En 2023, le projet a été enterré, et Kathleen Kennedy a expliqué que rien de concret n’avait finalement été développé avec lui.
Des idées très avancées qui n’ont jamais obtenu le feu vert
Là, ça devient presque cruel. Guillermo del Toro a confirmé avoir travaillé avec David S. Goyer sur un film centré sur Jabba et le monde criminel galactique. Le script existait, du concept art aussi, et le cinéaste disait en être fier. Mais le feu vert n’est jamais venu.
Plus étonnant encore, Adam Driver a révélé en 2025 qu’un film intitulé The Hunt for Ben Solo avait été développé pendant environ deux ans avec Steven Soderbergh. Le scénario, signé Scott Z. Burns à partir d’une histoire imaginée avec Rebecca Blunt, prolongeait le destin de Ben Solo après The Rise of Skywalker. Driver assure que Lucasfilm aimait l’idée, mais que Disney a rejeté le script terminé. Résultat, un film prêt à exister, ou presque, n’a jamais dépassé le bureau des décideurs.
Le vrai mur, parfois, c’était juste l’économie du projet
Bien avant Disney+, George Lucas poussait Star Wars: Underworld, une série live action située entre Revenge of the Sith et A New Hope. On parlait de criminels, de chasseurs de primes, de contrebandiers et des zones sombres de Coruscant. Lucas et le producteur Rick McCallum avaient réuni des auteurs et développé une cinquantaine de scripts, voire plus. Le souci était brutal, environ 37 millions d’euros (40 millions de dollars) par épisode selon McCallum. Trop tôt, trop cher.
Le cas Star Wars Detours est encore plus étrange. Cette série d’animation comique créée par Seth Green et Matthew Senreich, les têtes derrière Robot Chicken, avait été annoncée en 2012. En 2013, Lucasfilm a repoussé sa sortie pour se concentrer sur la postlogie. Sauf qu’ici, il ne s’agissait pas d’un simple concept, 39 épisodes avaient déjà été produits. Des années plus tard, Green a expliqué que les publier sur Disney+ demanderait des ajustements. Une sélection est tout de même montrée au Lucas Museum of Narrative Art, à Los Angeles.
Et c’est peut-être ça, le vrai sujet. Star Wars n’a jamais manqué d’idées. Ce qui a souvent manqué, c’est une ligne assez stable pour les mener jusqu’au bout.