En bref
- Le premier film a vraiment marché
- La suite a plombé la franchise
- Aucun troisième film n’est lancé
Le paradoxe est là. On parle souvent de Hitman’s Bodyguard comme d’une franchise oubliée, alors que le premier film a fait bien mieux que survivre. Sorti en août 2017, le long-métrage de Patrick Hughes avec Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson a tenu la tête du box-office américain pendant trois week-ends et dix-sept jours d’affilée.
Un succès qu’on a un peu vite rangé
Avec un budget d’environ 28 millions d’euros (30 millions de dollars), le film a démarré à près de 20 millions d’euros (21,4 millions de dollars), puis a terminé sa course à environ 169 millions d’euros dans le monde (183,4 millions de dollars), dont 69 millions aux États-Unis et 99 millions à l’international. Pour une comédie d’action de milieu de gamme, lancée dans le creux de l’été, c’était franchement propre.
Oui, la période était favorable, fin août restant un corridor plus calme que les gros rendez-vous de l’année. Mais gagner un mois calme, c’est quand même gagner. Et le film a refait surface bien plus tard parmi les titres les plus vus sur Netflix aux États-Unis durant l’été 2025. Pas vraiment le parcours d’un objet enterré.
Le vrai rôle de Reynolds était là
Ce qui rend cette série intéressante, ce n’est pas seulement son duo. C’est la place qu’elle donne à Ryan Reynolds. D’habitude, il est le moteur du chaos. Ici, avec Michael Bryce, il incarne au contraire l’homme rigide, obsédé par le contrôle, celui qui prend les coups, les humiliations, et souvent la vanne aussi.
Face à lui, Samuel L. Jackson joue un Darius Kincaid presque détendu, là où tout le système de Bryce s’effondre. C’est là que la mécanique marche. Et Salma Hayek, en Sonia Kincaid, n’adoucit rien, elle ajoute une troisième source de désordre. Bon, ce n’est pas subtil, mais c’est précisément ce qui donne au casting sa dynamique.
Le deuxième film a cassé l’élan
Le vrai boulet de la franchise, c’est Hitman’s Wife’s Bodyguard. Sorti en juin 2021, il a coûté environ 64 millions d’euros (70 millions de dollars), soit plus du double du premier. Et il n’a rapporté qu’environ 62 millions d’euros dans le monde (67,4 millions de dollars), avec un lancement à peine supérieur à 10 millions d’euros (11,4 millions de dollars).
Le contexte post-pandémie explique une partie du trou d’air, pas tout. Le trio principal fonctionnait encore, mais le script a moins suivi, et l’action a laissé une impression plus bruyante que vraiment plus spectaculaire. Résultat, la suite a fait passer l’original pour un accident heureux aux yeux de ceux qui ne l’avaient jamais vu.
Un troisième film n’existe pas, pour l’instant
Depuis 2021, le dossier n’a presque pas bougé. Patrick Hughes disait alors qu’il y avait matière à continuer si l’occasion se présentait. Salma Hayek espérait aussi un nouveau volet, avec l’idée qu’un personnage supplémentaire pourrait rejoindre l’ensemble. C’est tout.
Et c’est important de le dire clairement, surtout quand on voit circuler de prétendues bandes-annonces sur le web. Elles sont générées par machine. Aucun studio n’a montré la moindre image d’un troisième film, parce qu’il n’y a tout simplement pas de troisième film en production.
Ce qui bloque n’est pas l’envie affichée, mais l’arithmétique. Une suite qui ne rembourse même pas son budget ferme beaucoup de portes, et l’agenda de Ryan Reynolds ne simplifie rien. La franchise n’est pas officiellement morte. Elle est juste coincée dans cet entre-deux très hollywoodien où un bon premier film continue d’exister, pendant que la suite lui a volé son avenir à moyen terme.