En bref
- Star Trek vit avec les annulations depuis 1969
- Paramount+ a stoppé plusieurs séries récentes
- La franchise survit, mais change de forme
L’histoire télé de Star Trek n’a presque jamais été un long fleuve tranquille. C’est même l’inverse. À l’approche de ses 60 ans, la franchise traverse une nouvelle pause, sans nouvelle série en développement, pendant que les ultimes saisons déjà tournées de Star Trek: Strange New Worlds et Star Trek: Starfleet Academy arrivent en fin de course. Vu de loin, ça paraît brutal. Vu de près, c’est presque la norme.
Une franchise qui vit avec l’idée de l’arrêt
Le paradoxe est là, assez fascinant. Parmi les séries télé validées de Star Trek, seules Deep Space Nine, Voyager et Picard ont vraiment terminé leur parcours selon leurs propres termes. Tout le reste a été annulé, assoupli, raccourci ou laissé s’éteindre.
Le cas fondateur, c’est Star Trek: The Original Series. En 1969, NBC la retire après trois saisons, 79 épisodes, un créneau du vendredi soir peu favorable et un budget raboté. Pourtant, ce sont les rediffusions qui ont fabriqué le mythe. Même logique pour Star Trek: Enterprise, stoppée en 2005 après l’effondrement des audiences et un passage au fameux créneau de la mort du vendredi. Résultat, 18 ans de présence ininterrompue de Star Trek à la télévision se sont arrêtés net.
Le streaming a changé la forme des annulations
Chez Paramount+, l’annulation n’a plus toujours le visage d’un couperet clair. Star Trek: Discovery, série qui a relancé toute l’ère streaming en 2017, a appris sa fin après le tournage de la saison 5. Paramount+ a accordé trois jours de tournage supplémentaires pour bricoler une vraie fin, signe d’une contraction budgétaire déjà enclenchée.
Le même mouvement a emporté Star Trek: Strange New Worlds, pourtant très bien reçue, avec une cinquième et dernière saison réduite à six épisodes. Star Trek: Starfleet Academy a été condamnée encore plus vite, sa saison 2, déjà filmée, sera la dernière après un accueil critique correct, mais des signes de faiblesse côté public et audience. Star Trek: Lower Decks a eu droit à un au revoir poli après cinq saisons, sans que le mot annulation soit vraiment assumé.
Et puis il y a les cas plus chaotiques. Star Trek: Prodigy a été supprimée, retirée de la plateforme, sauvée par Netflix, puis de nouveau laissée sans suite. Star Trek: Section 31 a passé six ans à dériver avant d’être transformée en film autonome. Star Trek: Short Treks, elle, a simplement cessé d’exister, victime d’un format devenu moins utile après Discovery et Picard.
Même avant Paramount+, Star Trek avançait déjà par bifurcations
Ce qui frappe, c’est que le problème ne date pas du streaming. Star Trek: Phase II devait être une série télé en 1977, avec scripts écrits, décors commencés et pilote ambitieux. Le succès de Close Encounters of the Third Kind a poussé Paramount à préférer le cinéma. Ce virage a donné Star Trek: The Motion Picture.
Même chose pour Star Trek: Khan – Ceti Alpha V, imaginée comme mini-série avant d’être rétrogradée en fiction audio, faute de budget jugé tenable. Et Star Trek: The Animated Series, malgré un Emmy, n’a jamais dépassé ses deux saisons prévues, le format n’étant pas vraiment aligné avec ce qu’attendaient les annonceurs du samedi matin.
Chez Star Trek, une annulation n’est jamais seulement une fin. Souvent, c’est une redirection. Et la vraie question pour les prochains mois n’est pas de savoir si la franchise reviendra, mais sous quelle forme.