En bref
- Pas de suite, mais une franchise quand même
- Jack Black porte un rôle taillé pour lui
- Le film reste disponible sur Hulu
Vingt-trois ans plus tard, Rock Academy (School of Rock) reste un cas à part. Pas de suite au cinéma, et pourtant une vraie franchise a poussé autour de lui. C’est assez rare pour une comédie des années 2000, un genre qui a souvent mal vieilli dès qu’on gratte les références de l’époque.
Une suite absente, une franchise bien réelle
Le plus curieux, c’est là. Alors que Hollywood relance aujourd’hui à peu près tout, de The Devil Wears Prada 2 à Happy Gilmore 2, School of Rock n’a jamais eu droit à son chapitre 2. Et, franchement, ce n’est peut-être pas un drame.
À la place, l’histoire a glissé vers d’autres formats. En 2015, Andrew Lloyd Webber l’a adaptée à Broadway. Le musical a tourné jusqu’en 2019, dépassé les 1 300 représentations et décroché quatre nominations aux Tony Awards. Cette année, une version d’une heure pensée pour les écoles et les troupes de jeunes circule aux États-Unis et au Royaume-Uni. Dix établissements ont aussi obtenu des licences gratuites pour monter le spectacle entre 2026 et 2027. Il y a eu aussi une série Nickelodeon, diffusée de 2016 à 2018, moins marquante, mais révélatrice de la même chose : le concept a de la réserve.
Le rôle que Jack Black ne pouvait presque pas rater
Si le film fonctionne encore, c’est d’abord parce que Jack Black ne joue pas juste Dewey Finn, il l’habite. Mike White, qui signe le scénario et joue aussi Ned Schneebly, avait imaginé le projet pour lui, à un moment où l’acteur recevait pas mal de propositions jugées trop génériques.
L’idée était simple et très juste : prendre ce que Jack Black sait faire de mieux, son énergie excessive, son sens comique, son rapport très physique à la musique, puis construire autour. Comme il avait déjà Tenacious D et qu’il était un vrai musicien, faire de lui le leader d’un groupe d’enfants avait quelque chose d’évident.
Pourquoi le film tient encore, au-delà de la nostalgie
Sorti en 2003, le film suit Dewey Finn, musicien au chômage viré de son propre groupe, qui usurpe l’identité de son ami pour devenir prof remplaçant dans une école privée. Sur le papier, on pouvait craindre une farce datée. En pratique, ça tient encore.
Parce que Dewey n’est pas seulement un adulte irresponsable qui joue au rock avec des enfants. Il reconnaît leur talent, les pousse, leur ouvre un espace que l’école ne leur donnait pas. Et surtout, le casting vend vraiment l’idée d’un groupe. On voit la différence entre des acteurs qui font semblant et des gamins qui donnent l’impression de pouvoir monter sur scène pour de vrai. La scène du Battle of the Bands reste le meilleur exemple.
Le film a aussi servi de rampe de lancement
Autre détail qui compte, chaque enfant existe. Miranda Cosgrove, en Summer, a ensuite explosé chez Nickelodeon tout en continuant le cinéma et le doublage. Joey Gaydos Jr., qui jouait Zack, est resté proche de la musique, comme Robert Tsai après son rôle de Lawrence.
Et puis il y a Rivkah Reyes, passée par la comédie et l’humour, ou Maryam Hassan, qui a suivi une voie musicale. Résultat, School of Rock ne tient pas seulement sur la nostalgie. Le film est toujours dispo sur Hulu, mais son vrai intérêt est ailleurs : il montre qu’une comédie peut survivre à son époque quand elle repose moins sur ses blagues que sur une sensation, celle de voir un groupe naître sous vos yeux.