En bref
- Robert Englund salue la reconnaissance de l’horreur
- Le genre était longtemps méprisé à Hollywood
- L’exposition The Horror Show marque un tournant
Voir Robert Englund prendre la parole à l’Academy Museum of Motion Pictures, à Los Angeles, dit déjà beaucoup. Pendant des années, le cinéma d’horreur restait rentable, populaire, mais rarement traité avec le même sérieux que les genres jugés plus nobles. Cette fois, il est au musée, au sens propre. Et ce détail compte.
Un musée comme signal de bascule
L’ouverture de l’exposition The Horror Show agit comme une forme de validation culturelle pour un genre longtemps regardé de haut. Pas juste une célébration de box-office, plutôt une reconnaissance institutionnelle, presque académique, de son importance artistique.
Le contraste est net. L’horreur a toujours existé dans le paysage hollywoodien, mais elle a aussi servi de cible facile à une culture conservatrice qui la réduisait à un divertissement vulgaire. Le fait qu’un musée consacré au cinéma lui offre aujourd’hui cet espace, avec ce soin dans la mise en scène, montre que le regard a changé.
Quand les gens de l’horreur mangeaient près de la cuisine
Robert Englund l’a résumé avec une image très simple, et franchement assez brutale. À ses débuts, il se souvenait que les gens de l’horreur finissaient à la mauvaise table de la cantine, près de la porte de la cuisine. Toute la hiérarchie symbolique d’Hollywood tient là.
Son parcours a commencé dans le climat plus ouvert du New Hollywood des années 1970. Son premier rôle au cinéma remonte à Buster and Billie, en 1974, un néo-noir produit parmi d’autres par Ted Mann, surtout connu comme exploitant de salles. Ensuite, il a enchaîné les apparitions dans des thrillers et des séries comme St. Ives, Eaten Alive ou Police Woman, souvent dans des rôles de durs.
Une passion née bien avant Freddy
Bien avant Freddy Krueger, il y avait les monstres vus à la télévision et un livre feuilleté encore et encore. Englund racontait regarder les vieux films de monstres Universal avec ses camarades d’école, puis s’arrêter sur un ouvrage de table basse appartenant à son oncle, The Movies.
Ce qui l’avait marqué, c’était la partie consacrée à Lon Chaney Sr., surnommé l’homme aux mille visages pour ses maquillages élaborés. Englund l’a formulé ainsi : « Tous ces maquillages différents et ces images ont dû s’enfouir dans mon cerveau, et m’ont amené à dire oui à Wes Craven toutes ces années plus tard. » On comprend mieux, d’un coup, que son histoire avec l’horreur ne commence pas avec une franchise, mais avec une éducation visuelle.
Pourquoi ce changement compte vraiment
Pour Englund, l’horreur occupe désormais une place structurelle dans l’industrie. Il estime même qu’elle a probablement pris celle qu’occupaient autrefois le western et le film de gangsters dans les cycles de genres hollywoodiens, avec des films d’horreur, de fantasy ou de science-fiction qui entrent très régulièrement dans le top 10 du box-office.
Il disait, en substance, que le genre était enfin arrivé et qu’il recevait enfin du respect. Le moment est d’autant plus parlant qu’il ne repose pas seulement sur une exposition. Il citait aussi la victoire d’Amy Madigan à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Weapons, réalisé par Zach Cregger. En gros, l’horreur n’est plus la table près de la cuisine. Elle pèse sur le présent d’Hollywood, et sans doute sur son avenir aussi.