En bref
- Le Diable et moi (Reaper) fête ses 19 ans
- La série n’a duré que deux saisons
- Son concept reste taillé pour le streaming
Il y a des séries qui échouent parce qu’elles n’ont rien à dire. Et puis il y a Reaper, qui avait au contraire une idée limpide, un ton à part et un casting très solide, avant de glisser dans l’angle mort de la télé américaine. Dix-neuf ans après son lancement sur The CW, l’idée d’un reboot n’a rien de farfelu.
Une série avec un concept simple, et franchement efficace
L’histoire suivait Sam, un jeune adulte joué par Bret Harrison, décrocheur, encore chez ses parents, employé dans un magasin de bricolage et plus doué pour les jeux vidéo que pour déclarer sa flamme à sa collègue Andi, incarnée par Missy Peregrym. Le jour de ses 21 ans, il apprend le vrai problème, ses parents ont promis leur premier enfant au Diable.
Résultat ? Sam devient chasseur de primes pour l’enfer. Sa mission consiste à retrouver les âmes évadées et à les renvoyer d’où elles viennent, avec des pouvoirs surnaturels et des objets dotés de capacités spéciales. Sur le papier, c’est très direct. À l’écran, ça donnait une mécanique épisodique idéale, avec un mélange de fantastique et de comédie qui tenait bien.
Le vrai atout, c’était son casting
Le bon choix, c’était aussi de ne pas faire de Sam un héros flamboyant. Le personnage est un peu perdu, souvent dépassé, et c’est justement ce qui rend la situation drôle. À ses côtés, Tyler Labine jouait Sock, son meilleur ami, avec la même absence totale de plan de carrière, tandis que Rick Gonzalez incarnait Ben.
Et puis il y avait le reste. Armie Hammer apparaissait en Morgan, le fils biologique du Diable, avec l’arrogance qu’il fallait. Mais celui qui avalait vraiment chaque scène, c’était Ray Wise. Son Diable, charmeur, calme et manipulateur, reste l’un des plus réussis vus à la télévision. Pas mal de séries ont tenté ce registre, peu l’ont aussi bien tenu.
Pourquoi Reaper n’a jamais trouvé sa place
L’échec de Reaper ne raconte pas seulement une question d’audience. La série a démarré en pleine grève des scénaristes américains de 2007-2008. Les dix premiers épisodes ont été diffusés, puis il a fallu attendre trois mois pour voir les huit suivants. Entre-temps, la case de diffusion a changé.
Le plus frustrant, c’est que les audiences seraient restées stables malgré ce déplacement. The CW a bien commandé une deuxième saison de 13 épisodes, avant d’annuler la série. ABC Studios a ensuite tenté de lui trouver une seconde vie, soit en syndication, soit sur le câble. Même une piste du côté de Sci-Fi Channel a échoué.
Le reboot a du sens, surtout en 2026
Dix-sept ans après le dernier épisode, le cœur de Reaper tient toujours. Un fils du Diable forcé de récupérer des âmes en fuite, c’est un point de départ assez souple pour relancer la machine avec un nouveau casting. Et Ray Wise joue encore, ce qui rend plausible un retour dans le rôle du Diable.
Surtout, la série semble presque plus logique aujourd’hui qu’à l’époque. Dans un paysage dominé par le streaming, où les comédies de genre trouvent plus facilement leur public, Reaper pourrait enfin obtenir ce qu’elle n’a jamais eu, une vraie seconde chance.