Reacher saison 4 regarde Nolan et Spielberg pour muscler l’action

La saison 4 de Reacher affine ses scènes de baston avec deux modèles très différents, Batman et Indiana Jones. Et ça change pas mal de choses.

Reacher
Image d'illustration. Reacher — Amazon / PR-ADN

En bref

  • Reacher saison 4 vise une action plus concrète
  • Nolan inspire le tournage, pas juste le style
  • Indiana Jones guide une bagarre-clé au bowling

Faire une série d’action aujourd’hui, le plus simple serait de corriger plus tard. Reacher, lui, part visiblement dans l’autre direction. La saison 4 s’appuie sur deux références énormes, la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan et les films Indiana Jones de Steven Spielberg, mais pas pour faire joli. L’idée, c’est de donner aux combats plus de poids, plus de lisibilité, et surtout une vraie logique interne.

Le mot-clé, c’est le réel

Au centre de cette approche, on retrouve Buster Reeves, coordinateur des cascades sur Reacher. Son pedigree dit déjà beaucoup, avec Bourne, Game of Thrones et un passage comme doublure de Christian Bale sur la trilogie Dark Knight.

Ce qu’il garde de ses années chez Nolan, ce n’est pas un gimmick visuel. C’est une méthode. Le plus possible en caméra, le moins possible en CGI. L’informatique sert à renforcer une scène, pas à la fabriquer. Et sur Reacher, cette logique semble aller loin, puisque personne, selon lui, ne part du principe qu’on arrangera ça en post-production.

Résultat, son travail devient plus compliqué. Mais aussi plus amusant, dit-il en substance. On comprend l’idée, chaque combat doit exister vraiment au moment du tournage, pas être reconstruit ensuite pièce par pièce.

Des personnages humains, sinon tout casse

Chez Sam Hill, qui réalise, le réalisme ne concerne pas seulement les coups. Il parle d’un monde régi par une physique crédible. Les limites peuvent parfois se brouiller, bien sûr, mais la série cherche à rester dans un cadre tangible.

Et ce point compte plus qu’il n’y paraît. Si les personnages deviennent plats, presque en carton, cette impression de réel s’écroule avec eux. En gros, un bon coup de poing ne suffit pas. Il faut aussi des gens qui réagissent comme des êtres humains, sinon toute la mécanique de la scène perd sa tension.

Un bowling, un flingue, et une logique à la Indiana Jones

L’exemple le plus parlant de cette saison 4 vient d’Alan Ritchson. L’acteur explique avoir poussé pour améliorer les combats après une saison 2 qu’il jugeait ratée sur ce point, puis après les progrès de la saison 3, il a encore voulu aller plus loin.

Cette fois, cela passe par une bagarre de sept minutes dans un bowling. Pas juste une longue castagne. Le cœur de la scène, c’est une arme portée par un des adversaires. Pendant tout le combat, Reacher calcule comment mettre la main dessus, change d’angle, traverse l’espace, passe au-dessus du bar. Vous suivez alors un objectif précis, comme dans les vieux Indiana Jones, quand un objet devient soudain le centre de tous les regards.

C’est là que la référence est bien vue. Ce combat raconte autre chose qu’un échange de mandales. Il y a un mini-récit à l’intérieur du récit, presque une petite aventure embarquée dans la bagarre. Pour une série déjà installée, c’est sans doute la meilleure manière d’éviter la routine. Et de rappeler qu’en action aussi, la mise en scène reste une affaire de narration.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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