En bref
- Netflix propulse le film dans son top 10
- Près de 4,7 millions de vues en une semaine
- Le public suit malgré des critiques réservées
Les plateformes savent recycler des films qu’on croyait passés. Cette semaine, c’est Un homme en colère qui en donne la preuve, avec une entrée remarquée dans le top 10 mondial de Netflix, quatre ans après sa sortie en salles.
Netflix relance un film qu’on pensait déjà rangé
Le long-métrage a cumulé 4,7 millions de vues en une semaine. Pour un film sorti en 2021, le score n’a rien d’anodin. D’autant que son parcours au cinéma avait été correct sans être énorme, avec environ 96 millions d’euros de recettes mondiales (104 millions de dollars), pour un budget estimé à environ 37 millions d’euros (40 millions de dollars).
Résultat, Netflix lui offre ce que les salles n’avaient pas vraiment installé, une nouvelle exposition massive. Et on voit bien le mécanisme, un titre arrive au catalogue, l’algorithme le pousse, puis le bouche-à-oreille fait le reste.
Le nom du duo compte presque autant que le film
Il y a aussi une raison très simple à ce retour. Le tandem Guy Ritchie et Jason Statham reste identifié par le public, même des années plus tard. C’était leur première collaboration depuis Revolver, sorti en 2005.
Avant ça, Ritchie avait largement participé à installer Statham avec Lock, Stock and Two Smoking Barrels puis Snatch. Depuis, leurs routes ont divergé, l’un passant par Aladdin ou Sherlock Holmes, l’autre enchaînant les films d’action. Les revoir ensemble, clairement, ça pèse.
Une intrigue très balisée, mais efficace
Dans le film, Statham incarne Patrick « H » Hill, un convoyeur de fonds aussi discret qu’inquiétant. Lors d’une attaque, il révèle des capacités qui ne collent pas du tout avec son profil apparent, ce qui fait immédiatement naître la méfiance autour de lui.
La suite repose sur un ressort très net, la vengeance. Peu à peu, le passé du personnage remonte et ses vraies intentions deviennent lisibles. Pas mal de spectateurs accrochent à cette mécanique simple, tendue, assez sèche.
Critiques tièdes, public présent
Le contraste est là. D’un côté, plusieurs critiques ont jugé le scénario assez convenu, dans une veine de B-movie d’action que certains rapprochent de formules déjà vues chez Liam Neeson. De l’autre, la mise en scène de Guy Ritchie donne au film une allure plus travaillée que la moyenne, et c’est sans doute ce qui le fait tenir.
Evan Valentine, de ComicBook, résumait assez bien cette réserve en parlant d’un film qui « manque de complexité et ne parvient pas à laisser une empreinte durable chez le spectateur. Une occasion manquée, malgré le charisme indéniable de Statham ». Mais sur Netflix, les chiffres racontent autre chose. Le public est là, et cette remontée rappelle qu’un film peut rater son premier rendez-vous, puis trouver le bon plus tard.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi ce succès arrive-t-il seulement maintenant ?
L’explication la plus évidente, c’est l’effet catalogue de Netflix. Un film déjà sorti peut soudain profiter d’une mise en avant mondiale et toucher un public bien plus large que lors de sa carrière en salles.
Le film avait-il été un échec au cinéma ?
Non, pas vraiment. Avec environ 96 millions d’euros de recettes pour un budget d’environ 37 millions d’euros, il n’a pas disparu dans l’indifférence. Mais il n’avait pas non plus laissé l’impression d’un gros phénomène.
Qu’est-ce qui distingue ce film d’action des autres ?
Le récit reste assez classique, centré sur la vengeance, mais la mise en scène de Guy Ritchie lui donne une identité visuelle plus marquée. C’est souvent ce petit supplément de style qui fait la différence sur ce genre de film.
Pourquoi le duo Guy Ritchie et Jason Statham compte autant ?
Parce qu’il renvoie à une période importante pour les deux hommes. Ritchie a contribué à lancer Statham au cinéma, et leurs retrouvailles réveillent forcément une curiosité chez ceux qui suivent leurs carrières depuis longtemps.