En bref
- Quatre sagas ont tenté un virage risqué
- Le rejet du public a été immédiat
- Les franchises ont ensuite reculé ou déraillé
Une franchise peut survivre à un mauvais épisode. Elle survit beaucoup moins bien à un virage qui donne l’impression de trahir sa promesse de départ. C’est exactement ce qui est arrivé à Highlander, Halloween, Terminator et Superman, quatre séries qui ont voulu faire du neuf, puis ont passé les années suivantes à réparer les dégâts.
Le faux bon virage qui casse l’ADN
Avec Highlander, le contraste est brutal. Le film de 1986 signé Russell Mulcahy devient culte après sa sortie, malgré un box-office limité à environ 12 millions d’euros (12,8 millions de dollars) pour un budget d’environ 18 millions d’euros (19 millions de dollars). Puis vient Highlander II, en 1991, qui déplace l’action en 2024 et réécrit complètement le lore, les immortels devenant des aliens de Zeist. Sur le papier, c’est audacieux. En vrai, le public le classe encore parmi les pires films du genre. Recettes proches, environ 15 millions d’euros (15,6 millions de dollars), pour un budget d’environ 21 millions d’euros (22 millions de dollars). Résultat, Highlander III revient vite à la formule d’origine, ensuite déclinée en plusieurs films et une série TV bien plus solide.
Autre cas d’école, Halloween. Après deux films centrés sur Michael Myers, John Carpenter et Debra Hill tentent une anthologie. Halloween III: Season of the Witch raconte une histoire de masques tueurs, entre technologie et sorcellerie. L’idée n’était pas absurde, clairement. Mais sans Myers, les fans décrochent. Le film rapporte environ 13 millions d’euros (14,4 millions de dollars) pour un budget d’environ 4 millions d’euros (4,6 millions de dollars), et la saga revient aussitôt à ses habitudes avec Halloween 4: The Return of Michael Myers. Même le reboot de 2018 finira par répéter ce schéma avec deux suites très différentes et mal reçues.
Terminator, le futur qu’on réclamait… mal livré
Le cas Terminator est presque ironique. Après le départ de James Cameron, Warner Bros. sort Terminator 3, qui ressemble surtout à une copie affadie, malgré environ 400 millions d’euros (433,4 millions de dollars) de recettes pour un budget d’environ 173 millions d’euros (187,3 millions de dollars).
Bon, l’idée suivante semblait plus logique. Avec Terminator Salvation, lancé par Warner Bros. avec Sony et Columbia Pictures, la saga entre enfin dans la guerre du futur. Sauf que le récit préfère Marcus Wright, joué par Sam Worthington, à la guerre de John Connor. En gros, le film prend le décor que les fans voulaient, mais pas l’histoire qu’ils attendaient. En 2009, il finit à environ 343 millions d’euros (371,4 millions de dollars) pour un budget d’environ 185 millions d’euros (200 millions de dollars), possiblement davantage. Et la série n’a jamais vraiment retrouvé sa ligne après Genisys, Dark Fate et l’anime Zero.
Superman, deux relances opposées, même fracture
C’est sans doute le cas le plus parlant. Après le standard posé par Richard Donner et Christopher Reeve, puis le recul net de Superman III et Superman IV: The Quest for Peace, Bryan Singer tente un retour à l’ère Donner avec Superman Returns. Mauvais timing. Le public des années 2000 veut du reboot plus ancré, pas un hommage. Le film engrange environ 361 millions d’euros (391,1 millions de dollars) pour un budget d’environ 206 millions d’euros (223 millions de dollars), trop peu pour un projet de cette taille.
Puis Zack Snyder prend la route inverse avec Man of Steel. Ton plus sombre, style plus nerveux, narration éclatée, influence visible du Dark Knight de Christopher Nolan. Le film gagne environ 619 millions d’euros (670 millions de dollars) pour un budget d’environ 208 millions d’euros (225 millions de dollars), donc ce n’est pas un flop. Mais la controverse, elle, est immédiate. Et ce rejet a contaminé Batman v Superman, puis le fiasco industriel de Justice League. Ce qui compte, au fond, ce n’est pas seulement le box-office. C’est le moment où une franchise perd sa boussole, et où tout ce qui suit devient plus compliqué.