En bref
- Kenneth Branagh défend les plans inclinés de Thor
- Marvel a envisagé une correction trop coûteuse
- Cette polémique résume les flottements de la saga
Quinze ans plus tard, Thor continue de faire parler pour un détail de mise en scène. Pas son scénario, pas son méchant, mais ses plans inclinés, ce fameux effet visuel qui donne au film une impression de déséquilibre permanent.
Dans un entretien accordé à Kevin McCarthy autour de son nouveau film Mayday, où il joue avec Ryan Reynolds, Kenneth Branagh est revenu sur cette critique tenace. Et il ne l’esquive pas du tout.
Un choix visuel qui n’a jamais cessé d’agacer
Le reproche est connu chez les fans du MCU. Le premier Thor, sorti en 2011, multiplie les angles penchés, aussi appelés Dutch angles. Pour une partie du public, c’était une signature visuelle trop appuyée, presque distrayante.
Ce qui frappe, c’est la longévité de la plainte. On parle d’un film qui a survécu à quatre aventures solo du personnage, à plusieurs Avengers, et pourtant ce détail revient encore. Résultat, l’un des débats les plus persistants autour du long-métrage ne concerne pas son histoire, mais sa forme.
Branagh assume, et il sait très bien pourquoi
Pour Kenneth Branagh, ce choix n’avait rien d’arbitraire. Le réalisateur explique qu’il n’a jamais vraiment compris pourquoi autant de gens étaient déroutés, puisqu’en revenant aux comics classiques, notamment ceux de Jack Kirby, on retrouve selon lui des cadrages du même type.
Il parle d’une influence expressionniste allemande, avec une formule qu’il reconnaît lui-même un peu pompeuse, mais son idée est plus simple. Il cherchait avant tout un impact visuel. Dans une histoire de dieux, dit-il en substance, il fallait accentuer certaines choses, donner plus de poids à certains éléments, créer une image moins sage.
Il résume ça avec une phrase assez nette, « Il y avait une raison à tout ». Et franchement, on peut ne pas aimer le rendu, mais l’intention est cohérente.
Même chez Marvel, remettre le film à plat coûtait trop cher
Le plus intéressant est ailleurs. Branagh révèle qu’il y a bien eu des discussions chez Marvel sur l’idée de « horizontaliser » le film, donc de corriger cette inclinaison en postproduction.
Mais la facture a calmé tout le monde. Le cinéaste explique que le coût d’un tel chantier était tellement élevé que l’option a vite perdu de son attrait. En gros, même pour Marvel, la correction ne valait pas le prix.
Le cas Thor résume bien les hésitations de la franchise
Ce débat tombe bien, parce qu’il raconte aussi l’histoire plus large de la saga Thor. Là où les films Iron Man et Captain America ont gardé une ligne assez claire d’un épisode à l’autre, Thor a beaucoup changé de visage.
Le premier film reste souvent considéré parmi les meilleurs du lot. Thor: The Dark World et Thor: Love and Thunder, eux, ont pris pas mal de critiques. Quant à Thor: Ragnarok, il a plutôt convaincu, même si son virage beaucoup plus léger a déstabilisé une partie du public.
Du coup, cette vieille querelle sur l’image penchée n’est pas juste un détail esthétique. Elle rappelle qu’au sein du MCU, Thor est sans doute le héros dont les films ont le plus cherché leur ton. Et ça, pour une franchise, ça compte encore longtemps après la sortie.