En bref
- Disney+ abandonne aussi le reboot
- Netflix avait déjà renoncé
- Coûts, droits, image, tout bloque
Le signal est mauvais. Disney+ ne compte plus avancer sur un reboot de Power Rangers, alors que Netflix avait déjà laissé tomber un autre projet. Pour une franchise qui vit depuis des décennies de renaissances successives, l’arrêt est parlant.
Le reboot qui recule encore
Cette fois, il ne reste plus grand-chose à attendre à court terme. La série télé n’est plus active, et la piste Disney+ représentait la seule perspective un peu concrète. Avant elle, un autre redémarrage était passé par Netflix, lui aussi sans lendemain.
Résultat, Power Rangers flotte dans un entre-deux assez étrange. La marque existe encore, mais sans projet clair, sans nouvelle série, sans vraie direction. Et ça, pour une licence qui a longtemps survécu grâce à sa capacité à se réinventer, c’est quand même le vrai tournant.
Une franchise née d’un montage improbable
On oublie facilement à quel point l’idée de départ était singulière. Le premier Mighty Morphin Power Rangers arrive sur Fox Kids le 28 août 1993, puis s’installe jusqu’à devenir un rendez-vous quotidien après l’école. Aux États-Unis, il n’y avait pas vraiment d’équivalent.
Son créateur, Haim Saban, avait puisé dans le tokusatsu japonais de Toei, plus précisément dans Kyoryu Sentai Zyuranger. Le concept tenait sur une couture visible, mais brillante, des images venues du Japon, de nouvelles scènes tournées avec des ados américains, et des intrigues originales pour relier le tout. Le feuilleton Green With Evil a aussi joué un rôle clé, en apportant une vraie continuité là où beaucoup de programmes jeunesse restaient très épisodiques.
Trente ans de diffusion, mais une trajectoire chaotique
La longévité de Power Rangers peut donner l’illusion d’une franchise solide. En réalité, son parcours a été cabossé du début à la fin. Après plusieurs saisons sur Fox Kids, la marque passe sous l’ombrelle de Disney, disparaît un temps, revient chez Nickelodeon avec Saban, puis finit sur Netflix avec son dernier épisode télé, Power Rangers Cosmic Fury.
Bon, dit autrement, la série a tenu trente ans, mais rarement dans un cadre stable. Et ce détail compte, parce qu’un reboot a besoin d’un diffuseur investi, d’une stratégie claire et d’un peu de patience. Power Rangers a surtout connu des relais.
Pourquoi le modèle ne convainc plus personne
Le blocage vient aussi de l’économie du projet. Produire ce type de série coûte cher aujourd’hui, alors que les plateformes cherchent des marques capables de rentabiliser vite. Or le film de 2017 n’a pas réussi à relancer quoi que ce soit. Il n’a pas retrouvé ce qui faisait le sel de l’original, et son échec a refroidi pas mal de monde.
Ajoutez à ça des droits détenus par Hasbro, sans plateforme maison pour porter l’ensemble, et une image devenue compliquée à vendre au grand public. Le texte va même jusqu’à parler de marque toxique. En parallèle, Super Sentai a, selon ces informations, bouclé sa longue route télé au Japon après 50 ans.
Ce qui frappe, au fond, c’est le contraste. Power Rangers a passé sa vie à se rebooter en interne, saison après saison, mais semble incapable de réussir son retour moderne. Et dans un paysage où chaque série doit justifier son coût avant même d’exister, ce genre de paradoxe peut durer longtemps.