En bref
- Peacock prépare bien la série
- Le risque, ce sont les personnages coupés
- Quatre noms paraissent vraiment intouchables
Le vrai test pour l’adaptation de Dungeon Crawler Carl, ce ne sera pas les monstres ni le chaos. Ce sera le casting, ou plus précisément les personnages que la série choisira de garder, fusionner ou supprimer.
Le piège classique des adaptations
En juin, Peacock a officialisé la commande de la série, mais sans date de diffusion. L’attente reste logique. Les romans LitRPG de Matt Dinniman, huit volumes à ce jour, suivent Carl et son chat Princess Donut, forcés de survivre dans un concours-donjon intergalactique après la destruction de la Terre par une entreprise alien. Sur le papier, le concept accroche tout de suite.
Mais ce n’est pas vraiment là que la saga se joue. Sa force, c’est une galerie de figures abîmées, étranges, parfois drôles, qui donnent du relief à cet enfer télévisé. Et c’est aussi le point sensible d’une adaptation. On sait que Chris Yost, co-showrunner, aime déjà l’univers, et que Eric Heisserer a un solide passif côté adaptations. Reste une réalité assez simple : l’écran aime les raccourcis. Des personnages sautent, d’autres se mélangent. Bref, c’est souvent là que tout se dérègle.
Odette et Miriam Dom, deux présences à ne pas lisser
Odette, présente dès le premier livre, paraît difficile à enlever. Pourtant, le risque serait plutôt une fusion. Comme d’autres personnalités télé du récit gravitent autour de l’histoire, et que Chaco, introduit au troisième tome, partage notamment un passé avec Mordecai, on voit très bien la tentation de condenser les deux. Le problème, c’est que leurs motivations ne se confondent pas vraiment. Changer Odette, ce serait toucher à un personnage qui pèse lourd.
Même alerte pour Miriam Dom. La Goat Lady pourrait être sacrifiée pour aller directement à Prepotente, la chèvre préférée des lecteurs. Mauvais calcul. Miriam Dom, elle aussi introduite dans le premier livre, débarque avec quinze chèvres qu’elle réussit à garder en vie dans le donjon. C’est elle qui utilise le biscuit d’animal enchanté lié à la transformation de Prepotente. Et son destin, dans le cinquième livre, frappe fort. Effacer Miriam Dom, ce serait enlever une part du cœur de cette histoire.
Brandon et Yolanda, le socle humain du début
Les cas de Brandon et Yolanda sont plus discrets, mais pas moins importants. Tous deux viennent du groupe Meadow Lark, composé d’employés et de résidents d’un établissement pour personnes âgées de Wenatchee, surpris dehors lors de l’effondrement après l’incendie provoqué par Agatha dans la cuisine.
Brandon n’occupe pas énormément de place, et le troisième livre confirme sa mort. Pourtant, c’est l’un des premiers personnages vraiment gentils, inventifs et utiles que croisent Carl et Donut. Son rôle dans la fabrication d’un dispositif clé au deuxième étage compte. Yolanda, elle, marque autrement. Sa mort pèse lourd dans le parcours d’Imani, future alliée majeure de Carl. Le risque, ici, serait une simplification, par exemple en la combinant avec Brandon. Ça se tiendrait sur le papier. Mais on perdrait ces premiers appuis très humains, ceux qui gardent le récit ancré avant que le donjon parte complètement ailleurs.
Et c’est là que cette adaptation joue déjà gros. Dans Dungeon Crawler Carl, l’étrangeté attire. Les personnages, eux, font rester.