En bref
- Ridley Scott reprend Alien en main
- Des fans rejettent l’idée de le voir revenir
- Romulus avait pourtant bien relancé la saga
Quand le créateur historique d’une saga explique qu’elle a besoin d’aide, on s’attend à un consensus. Pour Alien, c’est l’inverse. Le retour annoncé de Ridley Scott crispe une partie du public, justement parce que Alien: Romulus a plutôt convaincu là où ses propres prolongements avaient laissé plus de monde sur le bord de la route.
Un retour présenté comme un sauvetage
Après l’accueil très rude réservé à The Dog Stars, Ridley Scott regarde de nouveau vers la franchise qui l’a installé durablement en science-fiction, aux côtés de films comme Blade Runner ou The Martian. Et il ne cache pas son intention.
Auprès d’AlloCiné, le cinéaste a expliqué qu’il réécrivait le prochain film Alien. Il a même formulé les choses assez frontalement, en disant « Je réécris le prochain film Alien. En fait, je suis soudainement revenu et je me suis impliqué. Celui qui vient de sortir, [Alien: Romulus], c’était correct. Je pense qu’il a besoin d’un peu d’aide. Donc, je suis revenu. » Le fond du message est limpide. Pour lui, la saga a dévié et il faut la reprendre.
Le procès immédiat des fans
Sauf que ce diagnostic ne passe pas. Sur X, pas mal de réactions vont dans le même sens, parfois sèchement. L’idée dominante, en gros, c’est que Ridley Scott ferait mieux de se concentrer sur son propre faux pas récent plutôt que de corriger un film que beaucoup ont trouvé fun.
Il existe bien une poche de fans curieux de le voir terminer la trilogie amorcée avec Prometheus puis Covenant. Mais la tonalité générale est plus dure. Certains estiment qu’il n’a plus grand-chose de neuf à apporter à l’univers Alien, et que son regard actuel entre en collision avec ses propos passés.
Pourquoi Romulus complique son discours
C’est là que le dossier devient intéressant. D’après Variety, Ridley Scott avait d’abord dit à Fede Álvarez que le film était « putain de génial ». Aujourd’hui, le même film serait seulement correct et en demande d’assistance. Le revirement, forcément, se voit.
Et Alien: Romulus n’a pas été accueilli comme un accident industriel. Le film affiche 80 % côté critiques sur Rotten Tomatoes, avec un bon écho du public aussi. Pas l’unanimité, non. Mais assez pour servir de rampe de relance à la franchise.
Une franchise entre héritage et nouvelle génération
Le long-métrage suit un groupe de colons spatiaux confrontés à un alien meurtrier en fouillant une station abandonnée. Rien de particulièrement tordu sur le papier, et c’est peut-être sa force. Fede Álvarez a joué la carte de l’hommage aux deux premiers films, Alien et Aliens, tout en ajoutant de nouveaux morceaux de lore.
Au passage, Cailee Spaeny et David Jonsson, têtes d’affiche du film, partent maintenant vers de gros rôles dans le Marvel Cinematic Universe. Ce n’est pas un détail. Si Alien: Romulus a vraiment lancé une nouvelle phase, le débat dépasse vite le cas Ridley Scott. Il touche à une question plus large, celle qu’on retrouve souvent dans les grandes franchises, savoir si l’héritage doit guider la suite, ou juste lui laisser de l’air.