En bref
- La justice américaine autorise à nouveau l’outil d’achat IA de Perplexity sur Amazon via le navigateur Comet.
- Les juges estiment qu’Amazon n’a pas prouvé un accès illégal aux données, car l’action passe par la demande de l’utilisateur.
- Le conflit continue toutefois, Amazon pouvant encore faire appel tandis que le procès suit son cours.
Le shopping assisté par IA sur Amazon via Comet n’est plus bloqué. La cour d’appel du neuvième circuit a annulé l’injonction qui empêchait Perplexity d’utiliser l’outil d’achat intégré à son navigateur. Et pour tout l’écosystème IA, ce n’est pas juste une formalité de tribunal.
Le bot peut revenir, et ce n’est pas un détail
Concrètement, Perplexity a obtenu ce qu’il voulait, la levée de l’interdiction provisoire arrachée par Amazon. Cette mesure visait le bot shopping embarqué dans Comet, le navigateur maison de la société. Avec cette décision, la fonctionnalité peut de nouveau accéder à la boutique en ligne du géant du e-commerce.
Ce point compte parce qu’on touche ici à un sujet brûlant, les agents IA capables d’acheter à votre place, ou au moins de naviguer, comparer et remplir le parcours d’achat. Bon, on n’est pas encore dans un épisode de science-fiction, mais la bataille est très concrète.
Pourquoi la cour n’a pas suivi Amazon ?
Le cœur du dossier reposait sur le CFAA, la loi américaine souvent utilisée dans les affaires d’accès informatique non autorisé. Pour gagner sur ce terrain, Amazon devait notamment démontrer que Perplexity accédait volontairement et sans autorisation à ses systèmes, récupérait des informations, puis causait un préjudice d’au moins 5000 dollars sur un an.
Sauf que la cour a retenu autre chose. Comme Comet n’agit sur Amazon qu’à la demande de l’utilisateur, ce n’est pas Perplexity qui accède aux serveurs d’Amazon, mais l’utilisateur de Comet. Résultat, l’argument juridique principal perd pas mal de sa force.
Les juges ajoutent aussi, en substance, qu’une injonction contre un comportement qui ne violerait probablement ni le CFAA ni la loi californienne associée n’irait pas dans le sens de l’intérêt public. Et le dommage redouté par Amazon ne justifiait pas, selon eux, une telle mesure. C’est sec, et assez clair.
Un clash qui traîne depuis 2025
L’affaire ne date pas d’hier. En novembre 2025, Amazon avait envoyé une mise en demeure à Perplexity pour exiger le blocage de son navigateur IA sur sa boutique.
Selon Amazon, les deux entreprises avaient accepté une pause plus tôt, en 2024, sur le shopping agentique. Le groupe reprochait ensuite à Perplexity d’avoir réactivé la fonction en faisant passer le bot de Comet pour un navigateur Chrome classique. Puis la plainte est tombée en mars 2026, suivie assez vite par une injonction temporaire.
Une première victoire, mais pas encore la fin
Mais le dossier est loin d’être plié. Amazon a déjà fait savoir qu’il contestait cette décision et qu’il examinait ses prochaines options. La société peut demander un nouvel examen, voire tenter sa chance devant la Cour suprême.
Et même sans ça, le procès continue devant le tribunal fédéral de San Francisco, là où l’affaire a été lancée. En gros, Perplexity gagne une manche importante, pas la partie. Dans la guerre du shopping IA, le boss final n’est toujours pas tombé.