En bref
- Eternals reste largement sans suite
- Son twist touchait pourtant tout le MCU
- Marvel laisse un vrai angle mort
Le plus gênant avec Eternals, ce n’est même plus sa réception. C’est le fait que son twist final, censé reconfigurer une partie du MCU, flotte encore dans le vide alors que le film a été officialisé à la D23 Expo le 24 août 2019, avec l’annonce de son casting principal, de Gemma Chan à Kit Harington en passant par Barry Keoghan.
Un film pensé grand, reçu froidement
Quand Eternals arrive en salles en 2021, Marvel sort d’une série presque insolente. Les 25 films du MCU sortis jusque-là avaient tous décroché des critiques positives. Même Thor: The Dark World, longtemps vu comme un bas de tableau, reste à 67% sur Rotten Tomatoes.
Puis le plafond craque. Eternals tombe à 48%, une première pour la franchise. Et au box-office, environ 400 millions de dollars, soit autour de 368 millions d’euros, pour un budget dépassant 230 millions de dollars, soit environ 212 millions d’euros, ce n’est pas franchement le genre de ratio qui installe une nouvelle grande saga.
Trop de héros, pas assez d’espace
Le paradoxe est là. Le film a de l’ambition, et ça se voit. Il tente d’ouvrir des zones plus étranges, plus cosmiques, presque plus solennelles du MCU. Mais il s’éparpille aussi dans une galerie de personnages trop vaste pour un long métrage de deux heures et demie.
Une douzaine de figures à installer d’un coup, c’est lourd. Forcément, plusieurs restent à peine esquissées. Makkari, présentée comme la première héroïne sourde du MCU, en est un bon exemple: l’idée compte, l’exposition beaucoup moins. Bon, on voit bien ce que le film voulait faire, mais il manque tout simplement du temps.
Le twist cosmique que Marvel laisse en suspens
Et c’est là que le dossier devient plus intéressant que le film lui-même. Arishem, le Céleste qui a envoyé les Eternals sur Terre, l’a fait pour préparer la naissance d’un nouveau Céleste. En clair, la mission cachée impliquait la destruction de la planète.
Les héros, sauf Ikaris, s’unissent alors pour empêcher ce plan. À la fin, Arishem surgit dans le ciel puis emmène Sersei, Phastos et Kingo dans l’espace. Résultat? Rien, ou presque, depuis.
Un fil narratif qui jure avec les habitudes du MCU
C’est ça qui surprend quand même. Des entités aussi puissantes, liées aux fondations mêmes de cet univers, se font contrer, apparaissent au-dessus du monde entier, puis plus rien ne bouge. Le plus proche d’un rappel tient à une connexion jugée assez fragile avec Captain America: Brave New World.
Et il reste aussi l’autre promesse en suspens, celle de la rencontre avec Eros et Pip the Troll. Que Marvel hésite à relancer des personnages associés à un film mal reçu, ça se comprend. Mais laisser un cliffhanger cosmique de cette taille sans même une ligne de dialogue pour le recadrer, c’est inhabituel. Pas juste pour Eternals, pour la cohérence du MCU à moyen terme.