L’une des scènes les plus folles de Marty Supreme est inspirée d’un fait réel

Image d'illustration. Marty SupremeA24 / PR-ADN
Parmi les scènes les plus extravagantes de Marty Supreme, l’une d’elles s’inspire d’un événement authentique. Ce moment marquant du personnage trouve ainsi ses racines dans une histoire réelle, rendant la fiction d’autant plus saisissante.
Tl;dr
- « Marty Supreme » s’inspire du champion Marty Reisman.
- La scène d’Auschwitz évoque la vraie histoire d’Alojzy Ehrlich.
- L’identité juive et la survie structurent le récit du film.
Entre fiction et réalité : l’inspiration derrière « Marty Supreme »
Adapter des personnages plus grands que nature, c’est parfois s’autoriser de franches libertés. Pour son film « Marty Supreme », Josh Safdie a puisé dans la vie mouvementée de l’iconique pongiste Marty Reisman, sans chercher la biographie fidèle. Le réalisateur s’empare de l’énergie et de la gouaille du sportif, puis les transpose dans un personnage fictif : Marty Mauser, incarné par Timothée Chalamet. L’ombre de Reisman plane, mais l’histoire prend très vite son envol vers une fiction échevelée, où Mauser croise des gangsters et se retrouve dans des situations rocambolesques, telles qu’une baignoire effondrée ou une liaison scandaleuse.
L’autre champion : d’Auschwitz à la table de ping-pong
Toutefois, c’est peut-être le personnage secondaire de Bela Kletzki, interprété par Géza Röhrig, qui ancre le film dans une réalité poignante. Inspiré par le véritable champion polonais Alojzy « Alex » Ehrlich, ce Hongrois fictif livre à mi-parcours un récit bouleversant issu de la Seconde Guerre mondiale. La séquence – étrange et saisissante à l’écran – où des prisonniers lèchent du miel sur son corps après l’avoir dissimulé pour survivre à Auschwitz ne relève pas de l’imaginaire : elle est attestée par un récent article du magazine Rolling Stone.
À ce moment précis, le spectateur bascule : il ne s’agit plus simplement d’un biopic déguisé ou d’une fable sportive, mais d’un film qui interroge jusqu’à la survie en milieu hostile.
Marty Supreme : identité juive et résilience au cœur du jeu
En filigrane, Safdie tisse une réflexion sur la place de l’identité juive dans l’après-guerre. Marty – comme Reisman avant lui – n’a pas connu les camps, mais il porte en lui cette mémoire collective. L’exposition aux mondanités non-juives devient alors un prétexte pour explorer ce que signifie survivre en tant que minorité visible ; ici, être juif n’est ni camouflé ni subi, c’est revendiqué comme une force.
Pour renforcer cette idée, quelques faits clés méritent d’être soulignés :
- Ehrlich, héros réel derrière Kletzki, fut sauvé à plusieurs reprises grâce à sa notoriété sportive alors qu’il était détenu à Auschwitz puis Dachau.
- Lui-même engagé dans la Résistance française après-guerre, il connut aussi l’exil sportif en France suite à son ostracisation par le régime communiste polonais.
- Jusqu’à sa mort en 1992, il incarna cette capacité à survivre envers et contre tout.
Pousser la fiction pour mieux révéler la vérité humaine
Si « Marty Supreme » prend ses distances avec les faits stricts pour mieux inventer, il réussit surtout à montrer comment le sport — et au-delà, l’humour et l’audace — deviennent des armes face à l’adversité. La scène du miel n’échappe pas au malaise ; mais elle reste surtout un témoignage vibrant sur ce qu’il faut parfois inventer pour survivre… ou juste tenir debout.