Le Royaume-Uni intensifie sa lutte contre l’excès de temps passé devant les écrans

Le gouvernement fixe des limites strictes pour protéger le développement des enfants face aux technologies numériques.

Réseaux sociaux
Image d'illustration. Réseaux sociaux — ADN

Tl;dr

  • Le gouvernement britannique publie de nouvelles recommandations pour limiter l’usage des écrans chez les enfants, face à 98% des deux ans déjà exposés quotidiennement.
  • Les directives fixent zéro écran avant deux ans, une heure maximum pour les 2‑5 ans, et déconseillent l’usage pendant les repas ou avant le coucher.
  • Le plan inclut la co-consommation supervisée, des exceptions pour l’éducation spécialisée et prépare un renforcement réglementaire contre les contenus numériques dangereux.

Une réponse gouvernementale à l’essor des écrans chez les plus jeunes

Face à la montée en puissance des technologies numériques dans le quotidien familial, le gouvernement britannique vient de dévoiler une série de recommandations inédites pour encadrer l’usage des écrans chez les tout-petits. S’appuyant sur des chiffres frappants, 98% des enfants de deux ans au Royaume-Uni utilisent déjà un écran chaque jour, ces directives entendent répondre à une préoccupation croissante sur la santé et le développement des plus jeunes.

Des limites claires dès le plus jeune âge

Élaborées par les autorités sanitaires, ces nouvelles règles conseillent une interdiction totale d’écran pour les enfants de moins de deux ans, sauf dans le cadre d’activités partagées. Pour ceux âgés de deux à cinq ans, la limite est fixée à une heure quotidienne maximum. Autre point souligné : éviter l’usage d’écrans pendant les repas ou juste avant l’heure du coucher, moments jugés cruciaux pour le développement émotionnel et physique.

Le Premier ministre Keir Starmer a souhaité rassurer les familles : « Nous ne laisserons pas les parents mener ce combat seuls. Ils ont besoin de conseils simples et adaptés alors que la technologie évolue rapidement ». Le gouvernement entend ainsi offrir un accompagnement concret face à ce qu’il qualifie d’« informations contradictoires en ligne. »

Risques associés et exemptions encadrées

L’exécutif britannique met également en garde contre certains dangers spécifiques liés à la consommation numérique actuelle. Parmi eux, la prédominance des contenus courts et rythmés sur les réseaux sociaux ou encore l’utilisation grandissante de jouets connectés dopés à l’intelligence artificielle. Pour mieux protéger les enfants, il recommande :

  • Favoriser du contenu lent, adapté à chaque âge.
  • Privilégier la co-consommation avec un adulte.

Toutefois, certaines exceptions sont prévues. Les outils numériques conçus spécifiquement pour aider les enfants présentant des besoins éducatifs particuliers restent autorisés sous supervision.

Vers un encadrement global renforcé

Ces recommandations s’inscrivent dans une stratégie nationale plus large menée via la plateforme « Best Start in Life » et un réseau d’hubs familiaux. Dans le même temps, le gouvernement étudie l’introduction de nouveaux leviers réglementaires : limitation d’âge sur les réseaux sociaux, contrôle accru des applications utilisant l’IA, élargissement du pouvoir des régulateurs… Ce durcissement intervient alors que plusieurs géants du numérique comme Meta Platforms, Google, ou encore TikTok, se retrouvent sous le feu des critiques après avoir été pointés du doigt pour leur responsabilité dans la diffusion de contenus jugés dangereux auprès du jeune public.

Reste la question de l’application concrète à la maison, là où les recommandations se heurtent au quotidien. Plusieurs logiciels de contrôle parental permettent aujourd’hui d’imposer ces limites directement sur les appareils : plafonds de temps quotidiens, filtrage web adapté à l’âge et rapports d’usage. L’éditeur allemand Salfeld, présent sur ce marché depuis les années 2000 et plebicité par l’association de protection de consommateur Stiftung Warentest, propose son contrôle parental Child Control sur Windows et Android, avec la possibilité d’accorder du temps supplémentaire pour les applications éducatives.

De toute évidence, c’est une bataille qui ne fait que commencer au Royaume-Uni, mais dont l’enjeu touche désormais tous les parents confrontés aux dilemmes imposés par l’ère numérique.

La Rédaction

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