En bref
- Unscripted a été annulée après une seule saison
- George Clooney en a produit et réalisé une partie
- La série est aujourd’hui presque introuvable
Il y a des séries ratées. Et il y a celles qui glissent presque hors de l’histoire. Unscripted, diffusée sur HBO en 2005, appartient clairement à la deuxième catégorie. Dix épisodes, puis plus rien. Aujourd’hui, on la retrouve surtout via quelques vidéos YouTube en basse définition, et elle n’est même pas disponible sur HBO Max. Pour une production portée par George Clooney, c’est quand même un drôle de destin.
Une série presque effacée des radars
L’annulation après une seule saison raconte déjà quelque chose. Pas juste un échec d’audience ou d’exécution, mais aussi la fragilité de certaines œuvres télé quand elles arrivent un peu trop tôt, ou pas tout à fait finies. Unscripted fait partie de ces séries qui flirtent avec le statut de lost media, ces programmes dont on parle plus qu’on ne les voit.
Ce qui frappe, c’est l’écart entre le pedigree et la trace laissée. On parle d’un projet associé à George Clooney, et malgré ça, la série a pratiquement disparu du paysage.
Clooney, Soderbergh et une idée plus maligne qu’il n’y paraît
Sur le papier, le montage avait de quoi attirer. George Clooney produisait la série avec Steven Soderbergh et Grant Heslov. C’était leur deuxième essai commun sur ce terrain après K Street, autre comédie dramatique improvisée lancée en 2003. Clooney a même réalisé les cinq premiers épisodes, avant de laisser Heslov gérer les cinq suivants.
Le concept, lui, reposait sur une idée simple et assez risquée. Les comédiens improvisaient en incarnant des versions fictionnalisées d’eux-mêmes. Bryan Greenberg, Krista Allen et Jennifer Hall y jouent trois acteurs qui cherchent leur place à Hollywood, guidés par leur professeur de jeu, Goddard Fulton, incarné par Frank Langella.
Des galères d’acteurs transformées en fiction
George Clooney expliquait au New York Times que la série se construisait à partir d’« histoires d’horreur de comédiens » racontées par l’équipe. Au départ, le projet devait même se concentrer sur un seul personnage. Clooney disait qu’ils avaient un temps appelé la série « Bryan Greenberg », avant de comprendre qu’un cours d’art dramatique offrirait un cadre plus large.
On retrouve cette logique partout dans la série. Le passé de Bryan Greenberg dans One Tree Hill est intégré à l’intrigue, avec un rôle régulier obtenu puis perdu. Krista Allen lutte contre son image de jolie fille à qui l’on assigne toujours le même rôle. Jennifer Hall, elle, essaie de garder un peu d’optimisme dans un milieu franchement cynique.
Des stars invitées, mais un résultat qui n’a pas tenu
Le carnet d’adresses, lui, était solide. Brad Pitt, Keanu Reeves, Noah Wyle ou encore Barry Corbin passent à l’écran. Pas mal de proches de Clooney, donc. Mais les caméos ne suffisent pas quand la mécanique centrale manque d’ampleur.
À l’époque, l’accueil critique a flotté entre curiosité et rejet. Nathan Rabin, pour AV Club, parlait d’un équivalent télévisuel de la junk food, addictif mais presque vide. À l’inverse, Tom Shales, du Washington Post, disait avoir été totalement happé dès le premier épisode et y voyait moins une série nombriliste sur Hollywood qu’un récit sur l’effort pour réussir.
Le plus intéressant est peut-être là. Lancée la même année que The Office, caméra à l’épaule et faux documentaire à l’appui, Unscripted avait senti que la télé changeait. Elle avait l’intuition. Pas tout à fait la série qu’il fallait pour la transformer en réussite durable.