En bref
- Out of Gas a été diffusé le 25 octobre 2002
- Joss Whedon l’a classé parmi ses favoris
- Ce choix éclaire son rapport à Marvel
Un vaisseau en panne, presque plus d’air, et pourtant un souvenir plus fort qu’une armée de super-héros. Vu de loin, c’est presque paradoxal. Vu de près, ça raconte très bien ce que Joss Whedon semble avoir cherché dans ses meilleurs travaux.
Un épisode minuscule, un impact énorme
Le 25 octobre 2002, Fox diffusait Out of Gas, un épisode de Firefly arrivé dans une série déjà malmenée. L’annulation après une seule saison a laissé un goût amer, et la diffusion dans le désordre n’a clairement pas aidé un public à s’attacher à cette bande de hors-la-loi de l’espace.
Pourtant, cet épisode a pris une place à part. Pas mal de fans le rangent parmi les meilleurs. Et ce n’est pas très surprenant, parce qu’il condense ce que Firefly faisait de mieux, des personnages cabossés, peu de moyens en apparence, mais une vraie densité émotionnelle.
Quand Serenity devient plus qu’un décor
Le point de départ est brutal. Serenity subit une panne catastrophique, Zoe est gravement blessée, l’oxygène diminue, et Mal ordonne au reste de l’équipage de partir dans les navettes pendant qu’il reste seul à bord.
L’astuce de l’épisode tient dans sa construction. Le récit jongle entre la crise présente et plusieurs retours en arrière, qui montrent comment Mal a trouvé Zoe, recruté Wash, découvert le talent de Kaylee pour réparer le vaisseau, puis réuni le reste de l’équipe. D’un coup, Serenity n’est plus une carcasse rouillée. C’est une maison.
Ce dispositif, écrit par Tim Minear et mis en scène par David Solomon, donne beaucoup plus de poids au danger. Même The A.
V. Club, en revenant sur la série en 2012, saluait cette narration inventive. Et il y a là une idée simple, mais solide, pas besoin d’une bataille géante quand on tient vraiment à l’équipage.
Ce que ce choix raconte de Whedon après Marvel
En 2016, au Tribeca Film Festival, interrogé par Mark Ruffalo sur ses trois projets favoris, Joss Whedon a cité Buffy the Vampire Slayer avec The Body, le cinquième numéro du comic Buffy, puis Out of Gas. Le trio est parlant. Aucun de ces choix ne repose sur la surenchère.
Le timing compte aussi. Whedon sortait de l’expérience très lourde de Avengers: Age of Ultron. Il disait être fier du film, mais aussi s’être senti « un échec misérable » après coup. Pression énorme, désaccords créatifs, attentes difficiles à satisfaire, bref, tout ce qu’une machine comme Marvel peut imposer à un réalisateur.
Ça ne veut pas dire qu’il rejetait The Avengers. Mais son attachement à Out of Gas dit autre chose, la valeur d’une histoire resserrée, personnelle, centrée sur des personnages qui comptent vraiment.
Un héritage qui dépasse la série elle-même
Pour une série stoppée beaucoup trop tôt, c’est une sacrée trace. Et si un retour de Firefly reste envisagé, cet épisode rappelle surtout pourquoi la série n’a jamais quitté les mémoires. Pas pour son ampleur. Pour son humanité.