Il y a 30 ans, ce chef-d’œuvre de science-fiction sombre révélait Brad Pitt au rang d’icône

Image d'illustration. 12 MonkeysUniversal Pictures / PR-ADN
Il y a trois décennies, un film de science-fiction sombre marquait un tournant dans la carrière de Brad Pitt. Cette œuvre culte, saluée pour son atmosphère et ses performances, contribuait à forger le statut légendaire de l’acteur.
Tl;dr
- « 12 Monkeys » révèle le talent dramatique de Brad Pitt.
- Pitt s’émancipe des rôles de séducteur des années 90.
- L’interprétation intense lui offre sa première nomination aux Oscars.
Un acteur longtemps cantonné aux rôles de séducteur
Durant les premières années de sa carrière, Brad Pitt était surtout perçu comme le « beau gosse » d’Hollywood. À partir de son rôle marquant dans « Thelma & Louise », où il incarne un hitchhiker aussi charmeur qu’insaisissable, l’acteur s’est vu attribuer une série de personnages romantiques. Que ce soit dans « Johnny Suede », tentant rockeur tombé amoureux d’une bohémienne, ou dans « Cool World » face à la blonde fatale campée par Kim Basinger, l’image du cœur à prendre lui collait à la peau. Sa performance dans le western romantique « Legends of the Fall » n’a fait que renforcer cette étiquette.
1995 : l’année du virage décisif
Pourtant, le destin d’Pitt bascule véritablement en 1995. Cette année-là, deux films majeurs bouleversent sa trajectoire : « Se7en » et surtout « 12 Monkeys ». Si la prestation sombre et torturée du détective Mills dans le thriller de David Fincher est aujourd’hui saluée, c’est bien grâce au film de Terry Gilliam qu’il s’impose comme un acteur capable d’aller bien au-delà du simple physique avantageux. Dans cet univers post-apocalyptique, il campe Jeffrey Goines, patient mental imprévisible, et se lance corps et âme dans une partition totalement différente.
Une interprétation qui fait date
La transformation est saisissante. Devenu méconnaissable sous les traits d’un militant animaliste déséquilibré, oscillant entre diatribes anarchistes et fragilité psychique face à son père virologue, Pitt bouscule toutes les attentes. Lorsqu’il partage l’écran avec Bruce Willis, la tension et l’instabilité qu’il insuffle à chaque scène font frissonner. La justesse troublante de ce rôle lui vaut sa toute première nomination aux Oscars, révélant un potentiel dramatique jusque-là sous-exploité.
Derrière la performance : un engagement total
Cette mue n’a rien d’anodin. Le réalisateur Terry Gilliam confiait récemment que la première journée de tournage avait laissé Pitt littéralement épuisé – signe que l’investissement fut total. Pourtant, impossible pour Gilliam de cacher son enthousiasme face à la force de jeu : « Brad was stealing all the scenes. He was so drained. It was great to see it. »
Grâce à cette prise de risque dans « 12 Monkeys », Pitt a ouvert la voie à une seconde partie de carrière plus riche : des rôles sombres ou complexes comme dans « Fight Club », « The Curious Case of Benjamin Button » ou encore « Once Upon a Time in Hollywood », pour lequel il décroche finalement la précieuse statuette dorée du meilleur second rôle.
Difficile désormais d’imaginer le cinéma américain sans cette évolution décisive — preuve qu’un simple contre-emploi peut transformer durablement une trajectoire artistique.