Les raisons derrière l’arrêt précipité de la première série Hulk de Marvel

Image d'illustration. HulkMarvel / PR-ADN
La série originale consacrée à l’Incroyable Hulk par Marvel n’a pas connu la longévité escomptée. Malgré l’intérêt initial du public, sa diffusion a été interrompue plus tôt que prévu, laissant les fans sans véritable conclusion.
Tl;dr
- Le Hulk a d’abord peiné à convaincre en comics.
- « Tales to Astonish » a relancé et stabilisé le personnage.
- Son succès télévisé surpasse celui du cinéma.
Un monstre vert aux débuts chaotiques
Avant de devenir l’un des visages les plus reconnaissables de l’univers Marvel Comics, Hulk a connu des débuts pour le moins agités. La toute première série, co-créée par Stan Lee et Jack Kirby, n’a duré que six numéros entre 1962 et 1963. Les ventes ne sont pas au rendez-vous, la série se cherche, les transformations de Banner fluctuent selon les épisodes – parfois la nuit, parfois contrôlées par un rayon… On sent bien que l’équipe créative hésite encore sur la direction à donner à ce « demi-homme, demi-monstre ». Les tentatives d’allier le récit de super-héros au registre du monstre façon « Frankenstein » ou « Dr. Jekyll et Mr. Hyde » ne séduisent pas vraiment le lectorat.
L’échec initial et la renaissance dans « Tales to Astonish »
Même si quelques lecteurs passionnés écrivent à Marvel pour défendre leur géant vert, rien n’y fait : le titre s’arrête net. Pourtant, impossible pour Stan Lee d’abandonner complètement cette création. Le personnage continue alors sa route dans d’autres publications avant de retrouver sa propre série grâce à « Tales to Astonish ». C’est là que la magie opère enfin. À partir du numéro 60, sous le crayon notamment de Steve Ditko, Hulk partage d’abord l’affiche avec d’autres héros comme Ant-Man ou Namor, avant que la série ne soit entièrement rebaptisée à son nom. Ce retour marque un tournant : les transformations sont clarifiées (le stress puis la colère deviennent le déclencheur), la narration se resserre autour d’épisodes courts, mais reliés par des cliffhangers efficaces.
L’héritage contrasté du Hulk, entre échec cinématographique et triomphe télévisuel
Ce parcours accidenté dans les pages des comics contraste avec un tout autre destin à l’écran. Si ni les films de 2003 ni ceux de 2008 n’ont réellement trouvé leur public – sans parler des querelles entre Universal et Marvel Studios, reléguant aujourd’hui Hulk au rang de second rôle –, c’est bien à la télévision que le colosse est entré dans la légende populaire. Dès les années 1970, la série « Incredible Hulk », portée par Bill Bixby et Lou Ferrigno, impose une version sobre et tragique du personnage, éloignée des extravagances graphiques du comic original, mais fidèle à son essence tourmentée.
Pour résumer cette évolution parfois laborieuse, mais riche en rebondissements :
- Série annulée rapidement : Six numéros seulement pour ses débuts.
- Nouveau départ décisif : Stabilisation via « Tales to Astonish ».
- Culte télévisuel : Succès massif grâce au petit écran.
Lente maturation d’une icône Marvel
Au fond, rares sont les créations qui connaissent un succès immédiat chez Marvel ; seuls Spider-Man ou les Fantastic Four y parviennent vraiment dès le départ. Pour d’autres comme Daredevil, X-Men ou le Hulk, il faudra essuyer critiques et tâtonnements avant de s’imposer durablement. Le cas du Hulk montre combien il est parfois nécessaire de réajuster sans cesse une formule pour permettre à une figure désormais incontournable comme lui d’atteindre son plein potentiel.