En bref
- Dark City est sorti avant Matrix
- Les deux films partagent plusieurs ressemblances nettes
- Le film se regarde gratuitement sur Tubi
Sorti en 1998, Dark City a eu le mauvais timing. Un an plus tard, Matrix raflait tout ou presque, et le film d’Alex Proyas glissait dans un angle mort. C’est d’autant plus frappant que les deux longs-métrages ont de vrais points communs, parfois très visibles.
Un an trop tôt, peut-être
Quand on repense à la science-fiction des années 1990, Matrix prend toute la place. Dark City, lui, a rapporté environ 25 millions d’euros (27 millions de dollars), soit à peine son budget initial. En face, Matrix est monté à environ 460 millions d’euros (presque 500 millions de dollars). L’écart dit beaucoup. Le premier était sans doute trop étrange, trop noir, trop tordu pour le grand public du moment.
Une ville, un homme, plus aucun repère
Le point de départ reste redoutablement efficace. John Murdoch, joué par Rufus Sewell, se réveille dans la baignoire d’un hôtel sinistre, sans mémoire. Un appel du docteur Daniel Schreber, incarné par Kiefer Sutherland, l’avertit qu’on le traque. Puis tout se resserre, avec un cadavre de femme dans la chambre.
Et ce n’est que le début. L’inspecteur Frank Bumstead, sous les traits de William Hurt, sent vite que quelque chose cloche dans cette ville plongée dans une nuit permanente. Même Emma, l’épouse de Murdoch et chanteuse de cabaret, perçoit cette étrangeté. Le film mélange alors polar noir, cauchemar urbain et crise d’identité, avec une vraie tenue visuelle.
Pourquoi le parallèle avec Matrix revient sans cesse
Les ressemblances ne sortent pas de nulle part. On retrouve une teinte verdâtre très marquée, un héros guidé par des appels téléphoniques et la découverte progressive de pouvoirs qu’il ne soupçonnait pas. Pour les fans du genre, le déjà-vu est réel.
Il y a même plus concret. Certaines scènes importantes de Dark City et de Matrix, notamment sur les toits, ont été tournées sur les mêmes décors. Du coup, la parenté visuelle ne relève pas seulement de l’impression.
L’échec d’hier, la relecture d’aujourd’hui
Ce qui n’a pas pris au box-office a fini par devenir culte. Dark City séduit aujourd’hui pour son mélange assez rare entre une ambiance à la Raymond Chandler et un imaginaire plus proche de H.
P. Lovecraft. Le mystère autour des souvenirs, des manipulations psychologiques et de l’identité reste son vrai moteur.
Bon, le film ne vise clairement pas la simplicité. Mais c’est aussi ce qui le rend attachant, presque à contre-courant. Et pour ceux qui veulent vérifier par eux-mêmes, il est disponible gratuitement sur la plateforme Tubi.
Vos questions, nos réponses
Pourquoi Dark City est-il souvent comparé à Matrix ?
Parce que les ressemblances sont à la fois visuelles et narratives. On parle d’une ambiance verte, d’un héros désorienté, d’appels téléphoniques qui orientent l’action et d’une montée en puissance autour de capacités inattendues. Le fait que certains décors soient les mêmes renforce encore cette comparaison.
Est-ce que Dark City a vraiment échoué à sa sortie ?
Oui, au moins sur le plan commercial. Avec environ 25 millions d’euros de recettes pour un budget à peine couvert, le film n’a pas trouvé son public immédiatement. C’est un cas assez classique de film revalorisé après coup, quand le bouche-à-oreille et les revisites font leur travail.
Qu’est-ce qui fait son statut de film culte aujourd’hui ?
Son identité très marquée. Le film ne ressemble pas à une science-fiction lisse ou démonstrative. Il préfère le mystère, les zones d’ombre et un univers qui mélange enquête, paranoïa et dérèglement du réel. Cette singularité vieillit souvent mieux que les effets de mode.
Où peut-on voir le film maintenant ?
Il est proposé gratuitement sur Tubi. L’intérêt, ici, c’est surtout la facilité d’accès pour un film longtemps resté dans l’ombre d’un titre beaucoup plus célèbre.