En bref
- La romance n’était pas prévue au centre
- Les fans ont poussé les auteurs
- Fry a dû grandir pour convaincre
Futurama n’a pas seulement laissé vieillir sa blague de départ, elle l’a déplacée. Ce qui devait être une simple mécanique de sitcom, un idiot amoureux d’une femme hors de portée, a fini par devenir le cœur émotionnel de la série.
Quand les fans déplacent le centre de gravité
Pour David X. Cohen, l’équipe écrivait d’abord une comédie. Il racontait en 2014 qu’au début, l’idée était surtout de faire de Fry un crétin persuadé d’avoir une chance avec Leela, alors qu’il n’en avait aucune. Puis le public a répondu à autre chose, à l’émotion autant qu’aux gags.
C’est là que des épisodes comme Luck of the Fryrish ou Jurassic Bark comptent. Pas parce qu’ils parlent de Leela, justement. Ils montrent que la série pouvait frapper fort avec la nostalgie, le manque, l’attachement. Et quand un épisode de Futurama cherchait cette veine-là, la relation Fry/Leela devenait vite le terrain naturel.
Au départ, Fry et Leela ne sont même pas un vrai couple potentiel
La chose est presque surprenante en revoyant la saison 1. Dans Space Pilot 3000, Fry remarque surtout l’œil de Leela, pas sa beauté. Dans Love’s Labours Lost In Space, centré sur sa vie sentimentale, il ne la drague même pas.
Le premier vrai frisson arrive avec A Flight to Remember, quand elle lui demande de jouer le faux petit ami pour éloigner Zapp Brannigan. Ensuite, la saison 2 pousse un peu plus loin. XMas Story frôle le baiser, A Bicyclops Built for Two fait ressortir la jalousie de Fry, et Anthology of Interest I suggère qu’une Leela plus impulsive pourrait, peut-être, lui laisser sa chance.
La série rend Fry plus crédible, pas juste plus amoureux
La vraie bascule, c’est ça. Pas un grand discours. Un changement de personnage. En saison 3, Parasites Lost et Time Keeps On Slippin’ montrent déjà un couple possible, mais encore fugace, presque saboté par le format.
Après ça, David X. Cohen explique que les auteurs ont essayé de faire mûrir Fry pour qu’il puisse vraiment gagner Leela. La saison 4 le prouve bien. Dans Love and Rocket, c’est son sacrifice qui la touche. Dans The Sting, sa présence au chevet de Leela change tout. The Farnsworth Parabox va jusqu’à suggérer qu’un simple pile ou face a séparé une version d’eux mariée d’une autre non. Et The Devil’s Hands Are Idle Playthings pose presque un premier final sentimental.
Les retours de la série ont verrouillé l’idée
Les films ont fini le travail. Dans Bender’s Big Score, Lars Fillmore se révèle être un double temporel de Fry, plus âgé, abîmé, plus mûr aussi. Le message est limpide : une version plus accomplie de Fry est le partenaire idéal de Leela. The Beast With A Billion Backs met ça entre parenthèses, mais Into the Wild Green Yonder la fait enfin avouer ses sentiments.
Puis les saisons sur Comedy Central installent le couple, même avec des rechutes pour la blague. Rebirth, The Late Philip J. Fry, Prisoners of Benda, Overclockwise et surtout Meanwhile verrouillent l’idée qu’ils finissent toujours par se retrouver. Le retour sur Hulu laisse encore ce mouvement ouvert. Bon, c’est peut-être ça le plus intéressant : la série a trouvé sa forme quand elle a compris que son avenir passait aussi par cette histoire d’amour.