En bref
- Désactiver l’entraînement limite l’usage futur de vos conversations, mais n’efface pas les anciennes données.
- ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot et Grok proposent chacun leurs propres réglages de confidentialité.
- Meta applique des règles différentes selon les pays, avec notamment des possibilités d’opposition dans l’UE.
Une minute suffit, en gros, pour empêcher plusieurs IA grand public d’utiliser vos futures conversations pour leur entraînement. Le vrai hic, c’est ailleurs : ce choix n’efface rien de ce qui a déjà été partagé, ni de ce qui a pu être gardé avant.
Désactiver, oui, effacer, non
Sur la plupart des services, les réglages liés à la personnalisation ou à la mémoire sont séparés de ceux qui servent à nourrir les modèles. Donc, couper la collecte ne change pas forcément votre usage quotidien. Pas de quoi paniquer.
Mais il y a une limite nette. Le refus n’est pas rétroactif. Vos anciens échanges peuvent donc rester exploitables, et cette désactivation ne supprime pas non plus les données déjà stockées, chaque plateforme IA gardant ses propres règles de conservation. Résultat, vous reprenez un peu la main, pas tout le contrôle.
ChatGPT, Claude, Gemini : trois logiques, trois concessions
Chez OpenAI, le bouton se cache dans Réglages puis Contrôles des données. Tous les comptes personnels de ChatGPT sont inscrits par défaut. Si vous coupez l’option, cela vaut sur le web comme sur mobile, sans faire disparaître vos conversations de l’historique. Pour un échange sensible, ChatGPT propose aussi les discussions temporaires, jamais utilisées pour l’entraînement et supprimées après 30 jours.
Du côté de Claude, Anthropic n’utilisait pas les conversations des consommateurs avant août dernier. Puis l’entreprise a changé ses conditions pour les offres Free, Pro et Max, avec une date limite au 28 septembre pour accepter ou refuser. Le réglage se trouve dans Confidentialité. S’il reste activé, les conversations peuvent être gardées jusqu’à cinq ans. S’il est coupé, le compte revient à une suppression sous 30 jours. Là aussi, ce qui a déjà servi à entraîner reste acquis.
Chez Google, le contrôle de Gemini s’appelle désormais Keep Activity, activé lui aussi par défaut. Quand il reste en place, les échanges peuvent améliorer les modèles, et une partie des chats est lue par des réviseurs humains. Toute conversation consultée de cette façon peut être conservée jusqu’à trois ans, même si vous supprimez votre historique. En le désactivant, Google arrête l’usage pour l’entraînement et cesse d’enregistrer les échanges dans l’historique de Gemini, mais garde quand même chaque conversation 72 heures pour faire tourner le service, dont les 24 dernières heures pour les réponses contextuelles.
Copilot et Grok, collecte par défaut aussi
Chez Microsoft, Copilot a deux réglages distincts dans Confidentialité : l’un pour les conversations, activé par défaut, l’autre pour la voix, désactivé par défaut. Couper ces options bloque l’usage des futurs échanges pour l’entraînement, pas leur éventuel usage pour la publicité ou l’amélioration générale des produits. Clairement, ce n’est pas la même promesse.
Sur X, tous les comptes entrent d’office dans l’entraînement de Grok, à la fois via les publications publiques et les conversations avec le chatbot de xAI. Le retrait se fait dans Confidentialité et sécurité, puis la section Grok et collaborateurs tiers. Une fois l’option décochée, les posts et interactions sortent des futurs usages d’entraînement et d’ajustement fin.
Meta, le cas qui fâche
Et puis il y a Meta. Aux États-Unis, aucun opt-out n’existe. Au Royaume-Uni et dans l’Union européenne, les utilisateurs peuvent s’opposer à cet usage via un formulaire du centre de confidentialité, protégés par le RGPD.
Depuis décembre dernier, les discussions texte et vocales avec Meta AI alimentent aussi la machine publicitaire de l’entreprise sur Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger. Pour les utilisateurs américains, la seule parade est très simple : ne pas utiliser Meta AI. Franchement, vu le tableau, ce n’est pas absurde.