En bref
- La saison 3 de Davies a été abandonnée
- Disney+ n’aurait pas compris la série
- Des épisodes ambitieux ne verront sans doute jamais le jour
Le vrai signal d’alarme, il est là, la saison 3 imaginée par Russell T. Davies pour Doctor Who n’ira pas plus loin. Et avec elle, un final en quatre parties qui devait relancer la machine en grand format.
Une saison 3 pensée, puis effacée
Dans son livre The Queerest of Folk, l’ancien showrunner raconte ce qui a coincé autour du retour de la série sous bannière Disney+. Le constat est rude, parce qu’on ne parle pas d’un simple ajustement de planning. Les plans pour une troisième saison ont été abandonnés, alors même qu’un arc final massif était déjà prévu. La BBC, de son côté, regarde désormais de nouvelles propositions pour une autre relance possible.
Autrement dit, l’ère pilotée par Davies s’est terminée bien plus tôt que prévu. Pour une franchise de ce poids, et avec un retour vendu comme un nouveau départ, ça dit pas mal de choses.
Le malentendu Disney+ au cœur du problème
Ce que décrit Davies, c’est moins un sabotage qu’un mauvais alignement dès le départ. Selon lui, des dirigeants de Disney ne connaissaient tout simplement pas assez Doctor Who. Exemple parlant, ils ignoraient l’importance des Weeping Angels, pourtant parmi les adversaires les plus marquants de la période post-2005.
Surtout, il estime que le choix de lancer cette nouvelle phase avec une célébration du 60e anniversaire en trois épisodes a brouillé l’entrée pour les nouveaux venus. Il va jusqu’à dire que cela a « bousillé » la série. Le mot est brutal, mais on voit l’idée. Vous tentez d’ouvrir une porte au grand public, puis vous placez juste derrière un couloir rempli de références.
Des contraintes visibles jusque dans les épisodes
Le cas de Ncuti Gatwa a aussi pesé. Son arrivée a été retardée parce que Sex Education a duré plus longtemps que prévu, ce qui a obligé Davies à réécrire vite. Des épisodes comme 73 Yards et Dot and Bubble, plus centrés sur la compagne et moins sur le Docteur, ne faisaient pas partie de son projet initial.
Il laisse aussi entendre, sans le dire frontalement, que Millie Gibson n’a pas toujours été simple à gérer, tout en jugeant son intrigue magnifique. Et les idées prévues pour la suite n’étaient pas petites. Il y avait une bataille avec les Daleks, un passage par le grand incendie de Londres, une station spatiale de la NASA et même une cité HLM de Manchester.
Restait le bruit autour de la série. Après une Docteure, puis un Docteur noir, Doctor Who a repris les accusations habituelles de wokisme en ligne. Davies aurait aussi très mal vécu les fuites, affirmant qu’elles avaient « détruit le profil » de la série. Bon, le plus frappant est peut-être ailleurs. Lui semblait penser avoir le temps de corriger le tir. La BBC, visiblement, n’avait pas la même patience. Et pour Doctor Who, ça ouvre un vrai sujet sur l’après, pas seulement sur l’échec du retour.