En bref
- Le dernier vrai film de Mickey date de 2004
- Disney a déplacé sa mascotte vers la télévision
- Les franchises rachetées ont pris la priorité
Vingt-deux ans. Pour la mascotte de Disney, c’est énorme.
Le 17 août 2004, Walt Disney Home Entertainment lançait Mickey, Donald, Goofy: The Three Musketeers directement en VHS et en DVD. Ce long de 68 minutes, signé Donovan Cook, transformait Mickey Mouse, Donald Duck et Goofy en modestes agents d’entretien d’un château rêvant de devenir mousquetaires sous les ordres du capitaine Pete. Quand Pete prépare en secret la chute de la princesse Minnie, le trio passe à l’action, entre combats burlesques et mélodies classiques réarrangées. Et oui, c’était bien une relecture maison du roman d’Alexandre Dumas.
Le film qui a fermé une porte
Ce titre compte pour une raison simple, c’est la dernière vraie aventure au long cours menée par Mickey au cinéma ou presque. C’était aussi la première fois que Mickey, Donald et Goofy portaient ensemble un format de cette longueur.
Trois mois plus tard, Disney sortait bien Mickey’s Twice Upon a Christmas. Mais entre son rendu CGI et sa structure en cinq histoires courtes, le film ressemble davantage à une anthologie qu’à un vrai long métrage centré sur Mickey. Bref, le constat change à peine, la mascotte du studio a quitté ce terrain depuis plus de deux décennies.
Avant ça, Mickey tenait la maison
On l’oublie facilement parce que Pixar, Marvel ou Star Wars occupent tout l’espace. Pourtant, Mickey a d’abord bâti la puissance symbolique de Disney.
Steamboat Willie, en 1928, l’installe comme l’un des premiers dessins animés à son synchronisé. Suivent plus de 120 courts sur un quart de siècle, avec The Band Concert en 1935, premier cartoon en couleur du personnage, puis Brave Little Tailor en 1938, nommé aux Oscars. Il faut ajouter Fantasia en 1940 et son segment The Sorcerer’s Apprentice, encore parmi les performances les plus reconnues du personnage. Cette première grande époque se referme en 1953 avec The Simple Things.
Quelques retours, puis presque plus rien
Après cette fin de cycle, Disney garde Mickey visible par touches. Mickey’s Christmas Carol arrive en 1983, The Prince and the Pauper en 1990, Runaway Brain en 1995 avec A Goofy Movie, puis Mickey’s Once Upon a Christmas en 1999.
Depuis 2004, le bilan cinéma est maigre. Très maigre même. Mickey n’a mené que deux nouveaux courts sortis en salle, Get a Horse! en 2013 aux côtés de Frozen, puis Once Upon a Studio en 2023 pour les 100 ans de Disney, associé à la ressortie de Moana.
La télé d’un côté, les franchises de l’autre
La bascule, elle est là. En 2006, Mickey Mouse Clubhouse envoie durablement le personnage vers la télévision jeunesse. Puis Paul Rudish relance Mickey Mouse en 2013 avec des courts stylisés, récompensés par trois Emmy Awards dès la première année. Ensuite viennent The Wonderful World of Mickey Mouse sur Disney+ en 2020 et un retour du format Clubhouse en 2025.
Pendant ce temps, Disney change de logiciel. Rachat de Pixar en 2006, de Marvel en 2009, de Lucasfilm en 2012, puis d’une grande partie des actifs cinéma de 21st Century Fox en 2019. Résultat, les priorités en salles s’appellent désormais Marvel, Star Wars, Avatar et les remakes en prise de vues réelles. C’est efficace industriellement, mais on perd au passage un symbole. Et pour le moyen terme, la vraie question est là, est-ce que Disney veut encore traiter Mickey comme une mascotte, ou à nouveau comme un héros de cinéma ?