En bref
- Quatre séries SF de 2006 ont 20 ans
- Elles cumulent 227 épisodes au total
- Leur héritage dépasse leur succès initial
2006, c’est aussi la fin d’un monde. Celui où l’on regardait une série à heure fixe, ou bien via un DVR, avant que le streaming ne redessine tout. Dans cette fenêtre-là, la science-fiction télé a trouvé un ton très particulier, plus populaire, plus souple, parfois étrange. Quatre séries lancées cette année-là reviennent aujourd’hui dans la conversation, et ce n’est pas juste par nostalgie. Ensemble, elles pèsent 227 épisodes.
Avant le streaming, la SF savait encore créer l’attente
On retient souvent 2006 pour des débuts devenus plus mainstream, ou pour des séries déjà installées qui entraient dans leur meilleur run créatif. Mais la SF, elle aussi, vivait un très bon moment. Et pas seulement avec des poids lourds déjà en place comme Battlestar Galactica ou Lost.
Ce qui frappe avec ce quatuor, c’est l’éventail. Une série familiale un peu bizarre, une comédie techno, un récit post-attaque nucléaire et un drame super-héroïque. Même époque, mêmes écrans, ambitions très différentes. Bref, la télé savait encore prendre des paris visibles.
Des ados, des génies et une petite ville après l’apocalypse
Kyle XY reste sans doute la plus discrète du lot. La série suit un ado incarné par Matt Dallas, retrouvé nu dans une forêt près de Seattle, sans mémoire et, détail devenu culte, sans nombril. Une famille l’accueille, le baptise Kyle, et la série déroule ensuite ses mystères sur son identité et sa nature. Destinée à un public plus jeune sur ABC Family, elle a pourtant très bien marché au départ, au point de devenir la fiction originale la plus regardée de la chaîne sur ses deux premières saisons. L’arrêt après la saison 3, après une nette chute d’audience, a laissé des cliffhangers, ensuite bouclés via un bonus DVD.
Avec Eureka, rebaptiser la science-fiction en terrain de jeu léger fonctionnait étonnamment bien. Diffusée sur Syfy, alors encore appelée Sci-Fi Channel, la série imagine une ville secrète de l’Oregon peuplée de génies employés par Global Dynamics, sous supervision du Department of Defense. Le shérif improvisé, Jack Carter, n’est justement pas un génie, et tout le sel vient de là. Accidents technologiques, humour de décalage, crossovers avec Warehouse 13 et Alphas, puis fin en 2012 après cinq saisons. Solide.
Et puis il y a Jericho. Cadre, Kansas. Point de départ, l’après-coup d’attaques nucléaires sur 23 grandes villes américaines. La série jouait autant la survie locale que le mystère politique, avec des questions sur le gouvernement, les responsables et l’effondrement des services. Son histoire hors écran a presque éclipsé le reste, avec une annulation rapide sur CBS, puis une campagne de fans assez forte pour arracher une deuxième saison de sept épisodes. La suite passera par deux saisons en comics chez IDW.
Heroes, le sommet puis la chute
S’il ne fallait en garder qu’une, ce serait souvent Heroes. Créée par Tim Kring, la série rassemble des personnages ordinaires découvrant des pouvoirs, contraints de coopérer pour éviter plusieurs catastrophes, d’abord à New York. Sa première saison reste, franchement, une mécanique redoutable. Et elle a laissé une formule que beaucoup ont encore en tête, « save the cheerleader, save the world », autour de Claire Bennet, jouée par Hayden Panettiere.
Le problème, c’est la suite. La saison 2 tient encore, mais la série décroche en entrant dans sa troisième année, avant de s’éteindre en 2010 au bout de quatre saisons. Heroes Reborn, mini-série de 13 épisodes lancée en 2015, n’a pas vraiment relancé la machine. Un nouveau projet de série a bien été signalé en développement en 2024, sans avancée publique depuis.
Ce qui reste, au fond, c’est moins un palmarès qu’un instant télé. Ces séries racontent une époque où la télévision de genre pouvait encore chercher son public semaine après semaine, et où une bonne idée avait le temps de devenir culte.