En bref
- Ryan Gosling apparaît dans un téléfilm de 1998
- La série reste presque inconnue hors du Canada
- Sarah Chalke en est l’autre visage familier
Avant d’être une star mondiale, Ryan Gosling a coché une case très 90’s, un western télévisé canadien que presque personne hors du Canada n’a vu. Son nom, Nothing Too Good for a Cowboy, sonne presque comme une blague. Sauf que non. Le projet a bien existé, d’abord en téléfilm en 1998, puis en série TV sur deux saisons.
Un détour canadien avant la machine hollywoodienne
Ce passage dit quelque chose d’assez simple sur la carrière de Ryan Gosling. En 1998, il n’est déjà plus un inconnu. Il est passé par The New Mickey Mouse Club, a enchaîné des apparitions dans plusieurs séries au milieu des années 90 et tient aussi un rôle principal dans la série ado canadienne Breaker High. La même année, il décroche même le rôle-titre de Young Hercules.
Dans Nothing Too Good for a Cowboy, il ne joue pourtant qu’un ouvrier de ranch nommé Tommy. Un job de plus, en gros, sur la route vers autre chose.
L’autre visage connu du projet, c’est Sarah Chalke, bien avant que beaucoup l’associent surtout à Scrubs, Roseanne ou Rick and Morty. Elle incarne Gloria, l’épouse du héros, dans le téléfilm comme dans l’imaginaire que la série prolonge ensuite.
Un ranch, la guerre et des mémoires transformées en fiction
À la base, il y a les souvenirs de Richmond P. Hobson Jr., un véritable éleveur canadien. En 1930, il s’associe à Panhandle Phillips pour fonder la Frontier Cattle Company dans la région du Chilcotin, en Colombie-Britannique. Les deux hommes se séparent au début des années 1940. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hobson s’installe à Vanderhoof et continue l’élevage jusqu’à sa mort, en 1966.
Le téléfilm et la série adaptent en fait une trilogie de mémoires, de Grass Beyond the Mountains à The Rancher Takes a Wife, en passant par Nothing Too Good for a Cowboy. Dans le téléfilm, Chad Willett joue Hobson, Ted Atherton campe Panhandle Phillips, et Sarah Chalke est Gloria. La série, elle, confie Hobson à Tannick Bisson.
Le point de départ est assez parlant. Le ranch manque de bras parce qu’une partie des hommes part au front, et Tommy, le personnage de Gosling, fait partie de ceux qui s’en vont.
Pourquoi la série intrigue encore un peu aujourd’hui
Le vrai sujet, ce n’est pas seulement la présence de Ryan Gosling. C’est aussi le statut très local de cette fiction. Elle semble être restée un phénomène canadien, avec très peu d’écho ailleurs.
Sur 26 épisodes, la série élargit le ranch à toute une galerie de personnages, entre amitiés de passage, tensions d’argent, bétail disparu, petits boulots et histoires sentimentales. Robert Moloney y joue l’ennemi de Hobson, Connor McCann, et Robin Brûlé la meilleure amie de Gloria, Muriel.
Le ton, lui, paraît doux, sentimental, parfois un peu comique. Pas mal de spectateurs curieux sont venus pour le petit rôle de Gosling, puis ont jugé l’ensemble lent, plus proche d’une suite d’événements que d’une intrigue très tendue. Mais c’est aussi ce qui ressort, avec un certain charme. Une fiction de ranch qui préfère l’ambiance au coup d’éclat. Et ça raconte bien une époque de télévision où tout n’avait pas besoin d’aller vite pour exister.