Ces fins de films d’horreur restent gravées, et une domine tout

Certaines conclusions d’horreur collent à la peau pendant des années. Trois films, de 1973 à 2015, montrent pourquoi une fin peut tout changer.

The Witch
The Witch — Parts and Labor / PR-ADN

En bref

  • Trois fins d’horreur marquent durablement les spectateurs
  • The Witch arrive devant The Omen et The Wicker Man
  • Leur force tient autant au thème qu’au choc

Dans le cinéma d’horreur, la vraie signature d’un film arrive souvent dans les dernières minutes. Un monstre, un twist, une image qui reste. Et parfois, plus encore, une fin qui reprogramme tout ce qu’on vient de voir. C’est là que le genre frappe juste, quand il ne se contente plus de faire peur mais laisse une trace, presque physique, dans la mémoire du spectateur.

L’horreur a une histoire immense, des premiers jours du cinéma jusqu’aux classiques modernes qui nourrissent encore les discussions. Certains films sont devenus iconiques pour leurs personnages ou leurs scènes, mais la fin reste le vrai juge de paix. Quand elle tombe juste, le film ne se termine pas vraiment. Il continue à tourner dans la tête.

Quand le piège se referme dans The Wicker Man

On parle ici du film de 1973, pas de son remake plus récent, largement considéré comme inférieur et souvent tourné en ridicule. L’original, lui, reste une pièce majeure de la folk horror. Son récit suit un policier enquêtant sur la disparition d’une jeune fille sur une île écossaise isolée, au sein d’une communauté gagnée par des croyances païennes.

La fin bascule d’un coup. Le héros comprend qu’il n’était pas l’enquêteur, mais le sacrifice prévu depuis le début. L’image finale de Howie brûlant dans l’homme d’osier est glaçante, mais pas seulement pour sa brutalité. Elle dit aussi quelque chose de plus large sur le zèle et l’ignorance. C’est ce double impact, narratif et thématique, qui la rend si difficile à oublier.

The Omen, ou l’horreur de ce qu’on ne montre pas

Très peu de films ont autant marqué l’imaginaire que The Omen. Le long-métrage de 1976 a fortement installé cette figure de l’enfant maléfique, précisément parce que le contraste entre innocence apparente et mal absolu fonctionne si bien. Damien n’est qu’un petit garçon, mais aussi l’Antéchrist, et tout le film tient sur cette collision.

Le plus cruel arrive à la fin. Le héros semble enfin en mesure d’arrêter le mal, puis échoue au tout dernier moment et meurt. La victoire de Damien se résume alors à un simple sourire, presque minuscule. Bref, c’est ce choix de l’ellipse qui fait mouche. Le film ne montre pas le futur, il le suggère, et l’idée qu’il va grandir pour provoquer la fin du monde suffit largement.

Pourquoi The Witch est déjà un classique moderne

Le cas The Witch est intéressant parce qu’il est bien plus récent. Le film de Robert Eggers, sorti en 2015, suit Thomasin, accusée par sa famille profondément religieuse d’être responsable de la menace surnaturelle qui s’abat sur eux. Les difficultés de leur vie à la ferme deviennent peu à peu sa faute, jusqu’à ce que tous ceux qu’elle aime meurent.

Sa décision finale, embrasser le rôle qu’on lui a imposé et devenir une sorcière, n’est pas forcément la conclusion la plus terrifiante du lot. Mais elle est sans doute la plus troublante. Parce qu’elle rompt avec la subtilité et l’ambiguïté du reste du film, et surtout parce qu’elle donne à son parcours un poids émotionnel terrible. Sa corruption n’arrive pas de nulle part, elle est le produit direct de la violence de sa propre famille. Pas mal de fins choquent. Celle-ci, elle, continue d’ouvrir des questions bien après le générique.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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