En bref
- Deux films DC ont cassé l’élan du DCEU
- Ils restent plus commentés que d’autres succès
- James Gunn doit éviter ce scénario
Paradoxe assez cruel pour DC. Les deux films qui ont le plus freiné son univers partagé en 2016 sont aussi ceux dont on parle encore le plus aujourd’hui, bien plus que plusieurs sorties pourtant mieux accueillies ensuite.
Des échecs qui ont mieux survécu que les succès
Batman v Superman: Dawn of Justice et Suicide Squad ont fait des entrées, beaucoup d’entrées. Le premier a rapporté près de 875 millions de dollars, soit environ 805 millions d’euros. Le second a frôlé les 750 millions de dollars, environ 690 millions d’euros. Sur le papier, ça ressemble à une base solide. Dans les faits, les deux films ont pris de plein fouet des critiques très dures, côté presse comme côté public.
Et c’est là que le sujet devient intéressant. Ces longs-métrages sont restés dans la conversation, pas parce qu’ils ont lancé un âge d’or, mais parce qu’ils ont laissé une trace. Souvent négative, oui. Mais une trace quand même, plus forte que celle d’Aquaman, pourtant milliardaire au box-office, ou que d’autres chapitres du DCEU sortis ensuite.
2016, l’année où la machine s’est grippée
Au départ, l’idée semblait limpide. Batman v Superman devait faire pour DC ce que Iron Man 2 avait fait pour le MCU, élargir le terrain de jeu. Le film ajoutait Batman, introduisait Wonder Woman et installait la fameuse Trinité de l’éditeur. Sauf que l’exécution a coincé, avec un récit jugé surchargé, une histoire peu convaincante et un score de 28 % sur Rotten Tomatoes.
Le studio espérait se relancer quelques mois plus tard avec Suicide Squad. La bande-annonce avait fait un bruit énorme sur les réseaux, et la présence de Margot Robbie et Will Smith donnait au projet un vrai poids pop. Résultat ? Un rejet critique encore plus fort, nourri par un scénario confus, des personnages peu écrits et un ton instable.
Après ça, le DCEU n’a jamais vraiment décollé. Il y a eu un mieux avec Wonder Woman, puis un nouveau mur avec Justice League. Plus tard, certains films ont été salués, d’autres beaucoup moins, de The Suicide Squad à Blue Beetle, puis de Black Adam à Aquaman and the Lost Kingdom. L’ensemble donnait une impression d’incohérence permanente.
Ce que DC garde malgré tout de ces faux départs
Mais on ne garde pas seulement le souvenir de films ratés. Pas mal de fans continuent de défendre certains choix de casting, notamment Ben Affleck en Batman, Margot Robbie en Harley Quinn et Viola Davis en Amanda Waller. Même l’affrontement entre Batman et Superman, pourtant jugé décevant par beaucoup, conserve un poids symbolique. Voir ça au cinéma, pour une partie du public, comptait vraiment.
La nouvelle stratégie de James Gunn joue contre ce précédent
Aujourd’hui, James Gunn avance avec une contrainte simple, ne pas enchaîner les faux pas. Son The Suicide Squad, sorti en 2021, avait déjà montré qu’on pouvait faire mieux que la version de 2016. Depuis, le nouveau DC Universe a bien démarré avec Superman, Peacemaker et Creature Commandos.
Mais 2026 se complique déjà. Supergirl a reçu un accueil mitigé et a échoué au box-office. Clayface intrigue, sans être un personnage que le grand public réclame, et Lanterns semble prometteuse sur HBO Max. Le vrai test viendra surtout après, avec Man of Tomorrow, The Brave and the Bold, le film Wonder Woman, mais aussi des projets comme Swamp Thing, Booster Gold, Paradise Lost, Waller ou la série Jimmy Olsen. Ce précédent de 2016 rappelle une chose, dans les univers partagés, un démarrage raté colle longtemps à la peau.